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Victime de terrorisme : droits, indemnisation et démarches de recours

Les actes terroristes laissent des traces profondes, physiques et psychologiques, chez les victimes directes et leurs proches. En France, un dispositif spécifique d’indemnisation existe pour accompagner ces victimes. Le Fonds de Garantie des victimes des actes de Terrorisme et d’autres Infractions (FGTI) constitue le pilier central de ce système. Encore faut-il connaître ses droits, les délais à respecter et les démarches à engager pour obtenir une juste réparation.

Cette page présente les différentes formes du terrorisme, les chiffres marquants en France et surtout le parcours d’indemnisation ouvert aux victimes d’attentats.

Qu’est-ce que le terrorisme : définition et formes

Le terrorisme désigne l’usage de la violence ou de l’intimidation dans un but politique, religieux ou idéologique. Il vise délibérément des civils innocents pour semer la terreur au sein de la population. En droit français, les infractions terroristes sont définies aux articles 421-1 et suivants du Code pénal.

⚖️ Articles 421-1 à 421-6 du Code pénal

Le Code pénal français qualifie de terroristes les actes commis intentionnellement en relation avec une entreprise individuelle ou collective ayant pour but de troubler gravement l’ordre public par l’intimidation ou la terreur.

Le terrorisme prend de nombreuses formes :

  • Les attentats-suicides – l’auteur se donne la mort en commettant l’acte
  • Les attaques armées – fusillades de masse dans des lieux publics
  • Les attaques à la bombe – engins explosifs visant des foules ou des infrastructures
  • Les prises d’otages – séquestration de personnes pour exercer une pression
  • Les attaques au véhicule-bélier – foncer sur des piétons rassemblés
  • Les attaques au couteau – agressions à l’arme blanche sur la voie publique
  • Les cyberattaques terroristes – sabotage numérique d’infrastructures vitales

Les cibles varient : lieux de culte, institutions gouvernementales, transports en commun, salles de spectacle ou terrasses de café. Toute personne présente peut devenir victime, qu’il s’agisse d’une agression physique directe ou d’un traumatisme psychologique lié à l’événement.

Barème d’indemnisation du préjudice moral

Les chiffres du terrorisme en France

📊 Bilan humain du terrorisme en France depuis 2012

Depuis 2012, les attentats terroristes sur le sol français ont causé la mort de plus de 270 personnes et fait près de 1 200 blessés. Des milliers d’autres personnes souffrent de stress post-traumatique en tant que témoins directs ou proches des victimes.

Ces chiffres ne reflètent qu’une partie de la réalité. De nombreuses victimes souffrent de séquelles invisibles : troubles anxieux, dépression, syndrome de stress post-traumatique (SSPT). Ces violences psychiques sont reconnues comme des préjudices indemnisables au même titre que les blessures physiques.

Les principaux attentats terroristes en France depuis 1995

  • 1995 – Attentats du RER à Paris (série de bombes dans les transports)
  • 2012 – Tueries de Toulouse et Montauban (7 morts)
  • Janvier 2015 – Attentats contre Charlie Hebdo et l’Hyper Cacher (17 morts)
  • Novembre 2015 – Attentats du 13 novembre à Paris et Saint-Denis (131 morts)
  • Juillet 2016 – Attentat au camion-bélier à Nice (86 morts)
  • Juillet 2016 – Assassinat du père Jacques Hamel à Saint-Étienne-du-Rouvray
  • Mai 2018 – Attaque au couteau à Paris (1 mort)
  • Octobre 2020 – Attentat de la basilique Notre-Dame à Nice (3 morts)
  • Avril 2020 – Attaque de Romans-sur-Isère (2 morts)
  • Octobre 2023 – Attentat d’Arras (1 mort)
⚠️ Chaque victime a des droits, même des années après les faits

Il n’est jamais trop tard pour engager une démarche d’indemnisation. Le délai de prescription pour saisir le FGTI est de 10 ans à compter de la date de consolidation des blessures. Certaines victimes découvrent leurs droits longtemps après les faits.

L’indemnisation des victimes d’actes terroristes

En France, l’indemnisation des victimes de terrorisme repose sur un mécanisme spécifique, distinct du droit commun. Le Fonds de Garantie des victimes des actes de Terrorisme et d’autres Infractions (FGTI) intervient pour indemniser intégralement les préjudices subis.

Le rôle du FGTI

Le FGTI est un organisme public chargé d’indemniser les victimes d’actes de terrorisme commis sur le territoire français ou à l’étranger lorsque la victime est de nationalité française. Il intervient quel que soit l’auteur de l’attentat, même si celui-ci n’a pas été identifié ou jugé.

L’indemnisation couvre l’ensemble des préjudices :

  • Préjudices corporels – frais médicaux, déficit fonctionnel permanent, perte de revenus
  • Préjudices psychologiques – souffrances endurées, préjudice d’agrément, SSPT
  • Préjudices matériels – dégâts aux biens, perte d’emploi
  • Préjudices des proches – préjudice d’affection, préjudice d’accompagnement
Une indemnisation intégrale, sans condition de ressources

Contrairement à d’autres dispositifs d’aide, l’indemnisation par le FGTI ne dépend pas des revenus de la victime. Le principe est celui de la réparation intégrale : chaque préjudice subi doit être compensé. Les victimes indirectes (proches, témoins) peuvent également être indemnisées.

Les démarches pour obtenir une indemnisation

Le parcours d’indemnisation se déroule en plusieurs étapes :

  1. Déclaration au FGTI – La victime ou ses proches saisissent le fonds de garantie, souvent informés directement par le Parquet de Paris après un attentat.
  2. Provision d’urgence – Le FGTI verse une provision dans le mois suivant la demande pour couvrir les besoins immédiats.
  3. Expertise médicale – Un médecin expert évalue l’ensemble des préjudices corporels et psychologiques.
  4. Offre d’indemnisation – Le FGTI formule une offre d’indemnisation définitive après la consolidation des blessures.
  5. Acceptation ou contestation – La victime peut accepter l’offre ou la contester devant le tribunal judiciaire.
💡 Cas pratique : victime du 13 novembre contestant l'offre du FGTI

Une personne blessée lors des attentats du 13 novembre 2015 a reçu une offre d’indemnisation du FGTI évaluant son préjudice à 85 000 €. Assistée d’un avocat spécialisé en dommage corporel, elle a contesté cette offre en démontrant que ses séquelles psychologiques (SSPT sévère, impossibilité de reprendre son emploi) n’avaient pas été pleinement évaluées. Après expertise contradictoire, l’indemnisation a été portée à 210 000 €.

Pourquoi se faire accompagner par un avocat

L’offre d’indemnisation du FGTI ne correspond pas toujours à la réalité des préjudices subis. Un avocat spécialisé en dommage corporel permet de :

  • Préparer l’expertise médicale pour que tous les préjudices soient identifiés
  • Vérifier que l’offre du FGTI respecte le principe de réparation intégrale
  • Contester l’offre devant le juge si elle est insuffisante
  • Assurer la prise en compte des préjudices futurs (aide humaine, aménagement du logement)

Il est également possible de se faire assister par un médecin expert de recours lors de l’expertise médicale, pour garantir une évaluation objective des séquelles.

📞 Victime d'un acte terroriste : faire évaluer ses droits

L’association AVF met gratuitement en relation les victimes d’attentats avec des avocats spécialisés en dommage corporel. Cette mise en relation permet d’évaluer la situation, de vérifier si l’indemnisation proposée est juste et d’engager un recours si nécessaire.

Le soutien psychologique et l’accompagnement des victimes

Au-delà de l’indemnisation financière, l’accompagnement psychologique des victimes de terrorisme est essentiel. Les traumatismes liés à un attentat peuvent se manifester des mois, voire des années après les faits.

Plusieurs dispositifs existent :

  • Cellules d’urgence médico-psychologiques (CUMP) – déployées immédiatement après un attentat
  • Suivi psychologique au long cours – pris en charge par le FGTI dans le cadre de l’indemnisation
  • Associations d’aide aux victimes – accompagnement humain, écoute, orientation vers les bons interlocuteurs

Les proches des victimes décédées ou blessées peuvent aussi bénéficier de cet accompagnement. Être témoin d’un acte terroriste constitue en soi un événement traumatique ouvrant droit à une prise en charge.

📌 Les points essentiels pour les victimes de terrorisme

– Le FGTI indemnise toutes les victimes d’actes terroristes, sans condition de ressources.
– L’indemnisation couvre les préjudices physiques, psychologiques et matériels.
– Le délai pour saisir le FGTI est de 10 ans après la consolidation.
– L’offre du FGTI peut être contestée avec l’aide d’un avocat spécialisé.
– Les victimes indirectes (proches, témoins) ont également des droits.
– Un accompagnement psychologique est disponible et pris en charge.

Pour toute question ou besoin d’orientation, il est possible de contacter la permanence de l’association AVF. Un conseiller peut guider la victime dans ses premières démarches et l’orienter vers un avocat spécialisé en droit des victimes.

Questions fréquentes


Qui peut être indemnisé après un attentat terroriste en France ?

Toute personne blessée physiquement ou psychologiquement lors d’un attentat, ainsi que les proches des victimes décédées ou blessées, peut prétendre à une indemnisation par le FGTI. Les témoins directs souffrant de stress post-traumatique sont également éligibles.


Quel est le délai pour saisir le FGTI ?

Le délai de prescription est de 10 ans à compter de la date de consolidation des blessures. Pour les victimes mineures au moment des faits, ce délai peut être prolongé. Il est recommandé d’engager les démarches le plus tôt possible.


Peut-on contester l'offre d'indemnisation du FGTI ?

Oui. Si la victime estime que l’offre ne reflète pas la réalité de ses préjudices, elle peut la refuser et saisir le tribunal judiciaire. L’assistance d’un avocat spécialisé en dommage corporel est fortement recommandée pour cette démarche.


L'indemnisation couvre-t-elle les séquelles psychologiques ?

Oui. Le stress post-traumatique, les troubles anxieux, la dépression ou toute autre atteinte psychologique consécutive à un attentat sont reconnus comme des préjudices indemnisables. Une expertise médicale permet d’évaluer leur gravité et leur retentissement sur la vie quotidienne.


Faut-il avoir porté plainte pour être indemnisé par le FGTI ?

Non. L’indemnisation par le FGTI est indépendante de la procédure pénale. Il n’est pas nécessaire d’avoir porté plainte pour être indemnisé, bien que le dépôt de plainte reste conseillé pour la reconnaissance du statut de victime.


Témoignages

Mon fils a été blessé au Bataclan. Pendant 2 ans on a géré seuls, on savait même pas qu’on avait le droit à une indemnisation pour nous les parents. C’est en contactant avf.fr qu’on a compris qu’on pouvait aussi être indemnisés pour le préjudice d’affection. L’avocat qu’ils nous ont orienté vers a obtenu 35 000 € pour mon mari et moi. Je regrette de pas avoir appelé plus tôt.

— Nathalie, 52 ans, proche d'une victime du 13 novembre

J’étais sur la promenade des Anglais le 14 juillet 2016. Physiquement j’ai eu que des contusions mais psychologiquement c’est la catastrophe. Cauchemars, crises d’angoisse, j’ai perdu mon travail. Le FGTI m’a proposé 22 000 € au début. Avec l’avocat on a fait une contre-expertise et j’ai finalement touché 89 000 €. Faut pas accepter la première offre sans avis d’un spécialiste.

— Karim, 38 ans, victime de l'attentat de Nice

Je pensais que j’avais aucun droit vu que j’étais pas blessée physiquement. Mais 3 ans après j’arrivais toujours pas à prendre le métro, je faisais des crises de panique. Mon médecin m’a dit que c’était du SSPT. J’ai contacté l’association et ils m’ont expliqué que les témoins aussi pouvaient être indemnisés. J’ai obtenu 28 000 € et surtout une prise en charge psy correcte.

— Sophie, 44 ans, témoin d'un attentat à Paris