Contacter la permanence
Logo AVF
Association d'Aide aux Victimes de France N°1 de l'accompagnement des victimes en France
Contacter la permanence Faire un don ❤️

SARVI : recouvrement des dommages et intérêts pour les victimes d’infractions

Obtenir une condamnation pénale de son agresseur est une étape importante. Mais dans de nombreux cas, l’auteur des faits ne paie pas spontanément les dommages et intérêts fixés par le tribunal. La victime se retrouve alors avec une décision de justice en sa faveur, mais sans indemnisation effective. C’est précisément pour remédier à cette situation que le SARVI (Service d’Aide au Recouvrement des Victimes d’Infractions) a été créé. Ce dispositif public permet à la victime de percevoir rapidement tout ou partie des sommes qui lui sont dues, sans avoir à engager elle-même des poursuites contre le condamné.

Comprendre le fonctionnement du SARVI, ses conditions d’accès et les démarches à accomplir est essentiel pour toute victime d’agression, de violence ou d’infraction pénale souhaitant obtenir le recouvrement effectif de ses dommages et intérêts.

Qu’est-ce que le SARVI et à quoi sert-il ?

Le SARVI est un service géré par le Fonds de Garantie des Victimes des actes de Terrorisme et d’autres Infractions (FGTI). Il a été instauré par la loi du 1er juillet 2008 pour aider les victimes d’infractions pénales à récupérer les dommages et intérêts que le tribunal pénal a mis à la charge de l’auteur de l’infraction.

Concrètement, le SARVI intervient comme un intermédiaire. Il verse à la victime une somme correspondant à tout ou partie des dommages et intérêts accordés. Ensuite, il se retourne lui-même contre le condamné pour obtenir le remboursement. La victime n’a plus à gérer le recouvrement, souvent long et incertain, auprès de l’auteur des faits.

SARVI et CIVI : deux dispositifs distincts

Le SARVI ne doit pas être confondu avec la Commission d’Indemnisation des Victimes d’Infractions (CIVI). La CIVI intervient pour indemniser les victimes d’infractions graves (atteintes corporelles, violences sexuelles) même si l’auteur est insolvable ou inconnu. Le SARVI, lui, intervient uniquement après une décision de justice définitive et pour des infractions qui ne relèvent pas de la compétence de la CIVI, ou lorsque la victime n’a pas saisi la CIVI.

Conditions d’accès au SARVI pour le recouvrement des dommages

Le recours au SARVI n’est pas automatique. Plusieurs conditions doivent être réunies pour que la victime puisse bénéficier de ce service de recouvrement.

Une décision pénale définitive

La victime doit disposer d’une décision de justice pénale définitive qui condamne l’auteur de l’infraction à verser des dommages et intérêts. Cela signifie que les délais d’appel doivent être expirés, ou que l’arrêt de la cour d’appel (voire de cassation) doit être rendu. Tant que la décision n’est pas définitive, le SARVI ne peut pas être saisi.

Une infraction qui ne relève pas de la CIVI

Le SARVI s’adresse aux victimes d’infractions qui ne peuvent pas être indemnisées par la CIVI. En pratique, il concerne principalement :

  • Les atteintes légères aux personnes (incapacité totale de travail inférieure à un mois)
  • Les atteintes aux biens (vol, escroquerie, abus de confiance, dégradation)
  • Certaines infractions pour lesquelles la victime n’a pas souhaité saisir la CIVI
⚖️ Articles 706-15-1 et 706-15-2 du Code de procédure pénale

Ces articles définissent les conditions de saisine du SARVI. Ils précisent que la victime dispose d’un délai d’un an à compter du jour où la décision de justice est devenue définitive pour adresser sa demande au Fonds de Garantie.

Un délai strict d’un an

La demande doit être adressée au SARVI dans un délai d’un an à compter du jour où la décision pénale est devenue définitive. Passé ce délai, la victime perd la possibilité de recourir à ce service. Il est donc crucial de ne pas laisser traîner la procédure une fois le jugement rendu.

⚠️ Délai de saisine du SARVI : un an maximum

Le non-respect du délai d’un an est une cause de rejet définitif de la demande. La victime doit anticiper ce délai dès le prononcé du jugement et vérifier la date à laquelle la décision devient définitive. En cas de doute, il est recommandé de contacter rapidement un avocat ou une association d’aide aux victimes.

Montants versés par le SARVI : combien la victime peut-elle obtenir ?

Le SARVI ne verse pas toujours l’intégralité des dommages et intérêts accordés par le tribunal. Le montant de l’avance dépend de la somme fixée par la décision de justice.

Dommages et intérêts inférieurs ou égaux à 1 000 euros

Lorsque le montant total des dommages et intérêts est inférieur ou égal à 1 000 euros, le SARVI verse l’intégralité de la somme à la victime. Le recouvrement est alors complet et immédiat.

Dommages et intérêts supérieurs à 1 000 euros

Lorsque le montant dépasse 1 000 euros, le SARVI verse une avance de 30 % des dommages et intérêts, avec un minimum de 1 000 euros et un maximum de 3 000 euros. Le Fonds de Garantie se charge ensuite de recouvrer le solde auprès du condamné et reverse les sommes récupérées à la victime au fur et à mesure.

📊 Barème de versement du SARVI

Pour des dommages et intérêts ≤ 1 000 € : versement intégral. Pour des dommages et intérêts > 1 000 € : avance de 30 %, avec un plancher de 1 000 € et un plafond de 3 000 €. Le solde est reversé au fil du recouvrement effectué auprès du condamné.

💡 Cas pratique : victime de vol avec dommages et intérêts de 5 000 €

Marie a été victime d’un vol avec violence. Le tribunal correctionnel a condamné l’auteur à lui verser 5 000 € de dommages et intérêts. L’auteur ne paie pas. Marie saisit le SARVI dans les huit mois suivant la décision définitive. Le SARVI lui verse une avance de 1 500 € (30 % de 5 000 €). Le Fonds de Garantie engage ensuite des poursuites contre le condamné. Six mois plus tard, il parvient à recouvrer 2 500 € supplémentaires, qu’il reverse à Marie. Le recouvrement se poursuit pour le solde restant.

Comment saisir le SARVI : démarches et pièces à fournir

La procédure de saisine du SARVI est relativement simple, mais elle exige rigueur et réactivité de la part de la victime.

Constitution du dossier

La victime doit adresser un dossier complet au SARVI, comprenant notamment :

  • Le formulaire de demande (disponible sur le site du Fonds de Garantie)
  • Une copie de la décision pénale portant la mention « définitif » ou un certificat de non-appel
  • Un justificatif d’identité
  • Un relevé d’identité bancaire (RIB)
  • Tout document attestant que le condamné n’a pas payé les dommages et intérêts

Envoi et traitement de la demande

Le dossier complet est envoyé par courrier recommandé avec accusé de réception au Fonds de Garantie. Le SARVI dispose ensuite d’un délai de deux mois pour verser l’avance ou l’intégralité des dommages et intérêts à la victime.

Aide à la constitution du dossier SARVI

La constitution du dossier peut sembler simple, mais des erreurs fréquentes (décision non définitive, formulaire incomplet, délai dépassé) entraînent des rejets. L’accompagnement par une association d’aide aux victimes ou un avocat spécialisé en dommage corporel permet d’éviter ces écueils et d’accélérer le traitement.

Le rôle du SARVI après le versement : recouvrement auprès du condamné

Une fois l’avance versée à la victime, le SARVI prend en charge le recouvrement des sommes auprès de l’auteur de l’infraction. Ce recouvrement s’effectue par tous les moyens légaux : saisie sur salaire, saisie de comptes bancaires, saisie immobilière, etc.

Le Fonds de Garantie dispose d’un titre exécutoire lui permettant d’agir directement, sans que la victime ait à intervenir. Les sommes récupérées sont reversées à la victime jusqu’à extinction complète de la créance.

Si le condamné est insolvable ou introuvable, le recouvrement peut s’avérer long, voire impossible. Dans ce cas, la victime conserve au minimum l’avance versée par le SARVI, mais elle peut ne jamais percevoir l’intégralité des dommages et intérêts. C’est pourquoi il est parfois pertinent d’envisager d’autres voies d’indemnisation complémentaires.

📌 Points clés du recouvrement par le SARVI

Le SARVI verse une avance rapide à la victime. Il se charge ensuite du recouvrement auprès du condamné. La victime n’a plus à entreprendre de démarches de recouvrement. En cas d’insolvabilité du condamné, l’avance reste acquise à la victime.

SARVI et autres voies d’indemnisation : quelles alternatives ?

Le SARVI est un outil précieux, mais il n’est pas toujours suffisant. Selon la nature de l’infraction et la gravité des préjudices subis, d’autres dispositifs peuvent être mobilisés.

La CIVI pour les infractions graves

Pour les atteintes corporelles graves (incapacité totale de travail supérieure à un mois, violences sexuelles, homicide), la victime peut saisir la CIVI qui offre une indemnisation intégrale, indépendamment de la solvabilité de l’auteur. Cette voie est souvent plus avantageuse pour les victimes d’agressions graves, notamment les victimes de violences conjugales.

Le cumul avec un accident de la route ou du travail

Dans certaines situations, une infraction pénale peut être liée à un accident de la route ou à un accident du travail. La victime peut alors bénéficier de dispositifs d’indemnisation spécifiques. Par exemple, en cas d’accident à la fois routier et professionnel, un cumul d’indemnisation est envisageable sous certaines conditions.

La gestion des indemnités perçues

Lorsque les dommages et intérêts sont significatifs, se pose la question de leur placement et de leur gestion. Un capital indemnitaire bien géré permet de protéger durablement les intérêts de la victime.

⚠️ Ne pas confondre SARVI et indemnisation intégrale

Le SARVI permet de recouvrer les dommages et intérêts fixés par le tribunal pénal. Mais cette somme ne correspond pas toujours à une indemnisation intégrale de tous les préjudices. Un avocat spécialisé peut évaluer si d’autres procédures (civile, CIVI) permettraient d’obtenir une réparation plus complète.

Pourquoi se faire accompagner pour saisir le SARVI ?

La procédure de saisine du SARVI est encadrée par des délais stricts et des conditions précises. Un dossier incomplet ou une demande tardive peut priver la victime de toute possibilité de recouvrement via ce dispositif.

Un avocat spécialisé en droit des victimes ou une association d’aide aux victimes peut :

  • Vérifier que la décision de justice est bien définitive
  • Constituer un dossier complet et conforme
  • Respecter le délai d’un an
  • Conseiller sur les voies d’indemnisation complémentaires (CIVI, procédure civile)
  • Orienter la victime vers un médecin expert conseil si une expertise médicale est nécessaire pour évaluer les préjudices

Il est également important de connaître les délais de prescription applicables aux différentes procédures d’indemnisation, car chaque voie de recours obéit à ses propres règles temporelles.

📞 Besoin d'aide pour saisir le SARVI ou contester un refus d'indemnisation ?

L’association AVF met gratuitement les victimes d’infractions en relation avec des avocats spécialisés en recouvrement de dommages et intérêts. Ne laissez pas expirer le délai d’un an : agissez rapidement.

Questions fréquentes sur le SARVI et le recouvrement des dommages

Questions fréquentes


Quelle est la différence entre le SARVI et la CIVI ?

La CIVI indemnise les victimes d’infractions graves (violences avec ITT > 1 mois, agressions sexuelles, homicide) indépendamment de la solvabilité de l’auteur. Le SARVI, lui, aide au recouvrement des dommages et intérêts fixés par un jugement pénal définitif, principalement pour les infractions moins graves ou les atteintes aux biens.


Quel est le délai pour saisir le SARVI ?

La victime dispose d’un délai d’un an à compter du jour où la décision pénale est devenue définitive. Au-delà de ce délai, la demande est irrecevable.


Le SARVI verse-t-il la totalité des dommages et intérêts ?

Si le montant est inférieur ou égal à 1 000 €, le SARVI verse l’intégralité. Au-delà, il verse une avance de 30 % (minimum 1 000 €, maximum 3 000 €) et reverse ensuite les sommes récupérées auprès du condamné.


Que se passe-t-il si le condamné est insolvable ?

La victime conserve l’avance versée par le SARVI. Le Fonds de Garantie poursuit ses tentatives de recouvrement, mais si le condamné reste insolvable, la victime peut ne pas percevoir l’intégralité des dommages et intérêts.


Peut-on saisir le SARVI et la CIVI en même temps ?

Non. Le SARVI est réservé aux victimes qui ne relèvent pas de la compétence de la CIVI ou qui n’ont pas saisi la CIVI. Les deux dispositifs sont exclusifs l’un de l’autre. Un avocat peut conseiller la victime sur le dispositif le plus adapté à sa situation.


Témoignages

Mon agresseur avait été condamné à me verser 3 800€ mais il payait jamais. Je savais meme pas que le SARVI existait avant de contacter avf.fr. Ils m’ont orienté vers un avocat qui a monté mon dossier en 2 semaines. J’ai reçu 1 140€ d’avance au bout d’un mois et demi et le reste arrive petit à petit. C’est pas instantané mais au moins ça avance enfin.

— Nathalie, 42 ans, victime de vol avec violence

J’avais gagné mon procès avec 6 200€ de dommages et interets mais l’escroc avait disparu dans la nature. J’étais dégouté. Mon avocat m’a parlé du SARVI, j’ai fait la demande 4 mois après le jugement définitif. J’ai touché 1 860€ assez vite. Le fonds de garantie s’occupe du reste, moi j’ai plus rien à faire. Franchement je regrette pas d’avoir été accompagné.

— Karim, 29 ans, victime d'escroquerie

Après 2 ans de procédure j’avais plus la force de courir après mon ex pour les dommages et interets. C’est l’association AVF qui m’a expliqué la difference entre CIVI et SARVI parceque mon cas relevait du SARVI vu le niveau d’ITT. J’ai eu l’avance en moins de 2 mois. Ca m’a enlevé un poids enorme.

— Sophie, 35 ans, victime de violences