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    Section d'aide aux victimes d'Accident du Travail et de Maladies Professionnelles

    Accident du travail en intérim : droits, démarches et indemnisation - avf.fr

    Chaque année, des milliers de travailleurs intérimaires sont victimes d’un accident sur leur lieu de mission. Or, le statut particulier de l’intérim — avec une relation tripartite entre l’agence d’intérim, l’entreprise utilisatrice et le salarié — soulève de nombreuses interrogations lorsqu’un accident du travail en intérim survient. Qui doit déclarer l’accident ? Qui est responsable ? Quelles indemnités la victime peut-elle percevoir ? Ce guide complet détaille les droits du travailleur intérimaire accidenté, les démarches à accomplir et les recours possibles pour obtenir une réparation intégrale du préjudice corporel.

    Sommaire :

    Définition de l’accident du travail en intérim

    Un accident du travail en intérim obéit à la même définition légale que pour tout autre salarié. Il s’agit d’un événement soudain survenu par le fait ou à l’occasion du travail, quelle qu’en soit la cause, et ayant entraîné une lésion corporelle ou psychologique.

    Salarié à terre entre les cartons suite à un accident du travail
    Salarié à terre entre les cartons suite à un accident du travail

    Concrètement, l’accident est reconnu comme accident du travail s’il survient dans l’une des situations suivantes :

    • Pendant l’exécution de la mission : sur le poste de travail, dans les locaux de l’entreprise utilisatrice, y compris pendant les temps de pause.
    • Pendant un trajet professionnel : déplacement entre le domicile et le lieu de mission, ou entre deux lieux de travail (on parle alors d’accident de trajet).
    • Dans les locaux de l’agence d’intérim : par exemple lors de la signature du contrat ou d’une visite médicale.
    ⚖️ Article L. 411-1 du Code de la sécurité sociale

    Est considéré comme accident du travail, quelle qu’en soit la cause, l’accident survenu par le fait ou à l’occasion du travail à toute personne salariée ou travaillant, à quelque titre ou en quelque lieu que ce soit, pour un ou plusieurs employeurs ou chefs d’entreprise.

    L’intérimaire bénéficie donc exactement de la même protection que tout salarié en CDI ou CDD en matière d’accident du travail. Cette protection est garantie par le Code de la sécurité sociale, et ni l’agence d’intérim ni l’entreprise utilisatrice ne peuvent s’y soustraire.

    ⚠️ L'arrêt de travail ne prolonge pas le contrat de mission

    Un point crucial à retenir : un arrêt de travail consécutif à un accident ne prolonge pas la durée du contrat de mission intérimaire. La mission prend fin à la date initialement prévue, même si le salarié est en arrêt. Cependant, la victime continue de percevoir ses indemnités journalières au-delà de la fin de mission.

    Les spécificités du travail intérimaire face à l’accident

    Le travail temporaire se distingue par une relation tripartite entre trois acteurs, ce qui complexifie la gestion de l’accident du travail :

    L’agence d’intérim (entreprise de travail temporaire)

    L’agence d’intérim est l’employeur juridique du salarié intérimaire. C’est elle qui établit le contrat de travail, verse le salaire et cotise aux organismes sociaux. En cas d’accident, c’est donc l’agence qui doit effectuer la déclaration d’accident du travail (DAT) auprès de la CPAM. Elle est également tenue de fournir au salarié une feuille d’accident du travail permettant la prise en charge à 100 % des soins.

    L’entreprise utilisatrice (entreprise d’accueil)

    L’entreprise utilisatrice est celle dans laquelle le travailleur intérimaire exerce effectivement sa mission. Elle a une obligation de sécurité à l’égard de l’intérimaire, au même titre que pour ses propres salariés. Elle doit assurer la formation au poste, fournir les équipements de protection individuelle (EPI) et veiller au respect des règles de sécurité.

    ⚖️ Article L. 1251-21 du Code du travail

    Pendant la durée de la mission, l’entreprise utilisatrice est responsable des conditions d’exécution du travail, telles qu’elles sont déterminées par les dispositions légales et conventionnelles applicables au lieu de travail. Pour l’application de ces dispositions, les conditions d’exécution du travail comprennent limitativement ce qui a trait à la durée du travail, au travail de nuit, au repos hebdomadaire et aux jours fériés, à la santé et la sécurité au travail.

    Le salarié intérimaire

    Le salarié intérimaire victime d’un accident du travail a les mêmes droits qu’un salarié classique en matière de réparation du préjudice corporel. La victime doit néanmoins être vigilante : la relation tripartite peut parfois entraîner des tentatives de dilution des responsabilités entre l’agence et l’entreprise d’accueil.

    📊 Les intérimaires plus exposés aux accidents

    Selon la DARES et l’Assurance Maladie, les travailleurs intérimaires présentent un taux de fréquence d’accidents du travail environ deux fois supérieur à celui des salariés en CDI. Cette surexposition s’explique par la méconnaissance des postes, le manque de formation et la rotation fréquente des missions.

    Comment déclarer un accident du travail en intérim

    La déclaration d’un accident du travail en intérim suit une procédure précise impliquant les trois parties. Le respect des délais est impératif pour garantir la prise en charge par la Sécurité sociale.

    Étape 1 : Informer immédiatement l’entreprise utilisatrice et l’agence d’intérim

    La personne accidentée doit signaler l’accident immédiatement ou au plus tard dans les 24 heures suivant l’événement. Il est indispensable de prévenir à la fois :

    • Le responsable hiérarchique ou le supérieur direct dans l’entreprise utilisatrice.
    • L’agence d’intérim (par téléphone, puis par écrit — courrier recommandé ou e-mail avec accusé de réception).
    ⚠️ Ne pas minimiser l'accident

    Certains responsables dans l’entreprise d’accueil peuvent tenter de dissuader la victime de déclarer l’accident ou proposer de le traiter comme un simple malaise. Il est essentiel d’insister pour que l’événement soit qualifié d’accident du travail. En cas de refus, la victime peut elle-même effectuer la déclaration directement auprès de la CPAM dans un délai de 2 ans.

    Étape 2 : Les obligations de l’entreprise utilisatrice

    L’entreprise utilisatrice doit remplir le formulaire d’information préalable à la déclaration d’accident du travail (Cerfa n° 60-3741) et le transmettre à l’agence d’intérim. Ce document décrit les circonstances de l’accident, le lieu, la date et l’heure précise, ainsi que les éventuels témoins.

    Étape 3 : La déclaration par l’agence d’intérim

    L’agence d’intérim dispose de 48 heures (jours ouvrables, hors dimanche et jours fériés) pour envoyer la déclaration d’accident du travail (DAT) à la caisse primaire d’assurance maladie (CPAM) dont dépend le salarié intérimaire. Cette déclaration est effectuée via le Cerfa n° S6200 ou en ligne sur net-entreprises.fr.

    Étape 4 : Obtenir un certificat médical initial (CMI)

    La victime doit consulter un médecin le plus rapidement possible pour obtenir un certificat médical initial décrivant les lésions constatées et la durée prévisible de l’arrêt de travail. La répartition des volets du CMI est la suivante :

    • Volets 1 et 2 : à envoyer à la CPAM.
    • Volet 3 : à conserver par la victime.
    • Volet 4 : à transmettre à l’agence d’intérim (et non à l’entreprise utilisatrice, puisque l’agence est l’employeur juridique).
    La feuille d'accident du travail

    Dès la déclaration, l’agence d’intérim doit remettre au salarié une feuille d’accident du travail (formulaire S6201). Ce document permet une prise en charge à 100 % des frais médicaux liés à l’accident, sans avance de frais. Il est valable pendant toute la durée du traitement et doit être présenté à chaque consultation ou acte médical.

    Indemnisation de l’accident du travail en intérim

    Le salarié intérimaire victime d’un accident du travail bénéficie de plusieurs types d’indemnisation. La nature et le montant des prestations dépendent de la gravité des lésions et de la durée de l’arrêt de travail.

    Les indemnités journalières de la Sécurité sociale (IJ)

    Pendant toute la durée de l’arrêt de travail, la victime perçoit des indemnités journalières de la part de l’assurance maladie. Ces IJ sont versées sans délai de carence (contrairement à un arrêt maladie classique) et sont calculées sur la base du salaire journalier de référence :

    • Du 1er au 28e jour d’arrêt : 60 % du salaire journalier de base (plafonné).
    • À partir du 29e jour : 80 % du salaire journalier de base (plafonné).
    📊 Plafond des indemnités journalières AT en 2024

    Le salaire journalier de référence servant au calcul des IJ accident du travail est plafonné à 0,834 % du plafond annuel de la Sécurité sociale. En 2024, le montant maximum des IJ AT est d’environ 232 euros par jour à compter du 29e jour d’arrêt.

    Ces indemnités sont versées même après la fin de la mission intérimaire, tant que l’arrêt de travail est médicalement justifié.

    L’indemnité complémentaire de l’agence d’intérim

    L’agence d’intérim peut être tenue de verser une indemnité complémentaire pendant la durée restante de la mission initialement prévue. Cette obligation dépend de la convention collective applicable (branche du travail temporaire). Par ailleurs, certaines agences souscrivent à un régime de prévoyance complémentaire qui peut compléter les IJ de la Sécurité sociale.

    💡 Cas pratique : accident d'un intérimaire en entrepôt

    Marc, 32 ans, est intérimaire dans un entrepôt logistique pour une mission de 3 mois. Au bout de 6 semaines, il se blesse au dos en soulevant une charge lourde sans formation préalable ni équipement adapté. Son arrêt de travail est de 4 mois. Marc perçoit les indemnités journalières AT de la CPAM (60 % puis 80 % de son salaire journalier), ainsi qu’un complément de l’agence d’intérim jusqu’à la fin initialement prévue de sa mission (6 semaines restantes). Au-delà, seules les IJ de la CPAM sont versées. Si des séquelles persistent après la consolidation, Marc pourra bénéficier d’une rente d’incapacité permanente.

    La rente d’incapacité permanente ou le capital

    Lorsque l’accident du travail laisse des séquelles définitives après la consolidation médicale, le médecin-conseil de la CPAM fixe un taux d’incapacité permanente partielle (IPP). Selon ce taux, la victime perçoit :

    • Un capital forfaitaire si le taux d’IPP est inférieur à 10 %.
    • Une rente viagère si le taux d’IPP est égal ou supérieur à 10 %, calculée en fonction du salaire annuel et du taux d’incapacité.

    Il est fortement recommandé de se faire assister par un médecin expert de victimes lors de l’évaluation du taux d’IPP, car celui-ci conditionne directement le montant de la rente ou du capital.

    La prise en charge des frais médicaux

    L’ensemble des frais médicaux en lien avec l’accident du travail est pris en charge à 100 % par la Sécurité sociale, sans reste à charge pour la victime : consultations, hospitalisations, rééducation, appareillages, transports sanitaires, etc.

    Faute inexcusable de l’employeur : un recours majeur pour l’intérimaire

    Le recours en faute inexcusable de l’employeur est l’un des leviers les plus importants pour un travailleur intérimaire accidenté. Dans le cadre de l’intérim, les deux entreprises peuvent être mises en cause : l’agence d’intérim en tant qu’employeur juridique, et l’entreprise utilisatrice en tant que responsable des conditions de sécurité au travail.

    ⚖️ Article L. 452-1 du Code de la sécurité sociale

    Lorsque l’accident est dû à la faute inexcusable de l’employeur ou de ceux qu’il s’est substitués dans la direction, la victime ou ses ayants droit ont droit à une indemnisation complémentaire.

    Quand la faute inexcusable peut-elle être reconnue ?

    La faute inexcusable est caractérisée lorsque l’employeur avait ou aurait dû avoir conscience du danger auquel le salarié était exposé, et qu’il n’a pas pris les mesures nécessaires pour l’en préserver. Pour un intérimaire, les situations les plus fréquentes sont :

    • Absence de formation au poste : le salarié intérimaire n’a pas reçu de formation adaptée aux risques du poste.
    • Défaut d’équipements de protection individuelle (EPI) : casque, gants, chaussures de sécurité, harnais non fournis.
    • Non-respect des consignes de sécurité : machines non protégées, absence de signalisation des dangers.
    • Affectation à un poste non prévu au contrat : le salarié est affecté à des tâches plus dangereuses que celles prévues dans le contrat de mission.
    • Absence de visite médicale d’aptitude pour un poste à risques.

    Que permet la reconnaissance de la faute inexcusable ?

    Si la faute inexcusable est reconnue, la victime obtient une indemnisation complémentaire considérablement supérieure aux seules prestations de la Sécurité sociale. Elle peut alors être indemnisée pour l’ensemble de ses préjudices selon la nomenclature Dintilhac :

    • Majoration de la rente d’incapacité permanente (portée à son maximum).
    • Souffrances endurées (pretium doloris).
    • Préjudice esthétique.
    • Préjudice d’agrément (impossibilité de pratiquer des activités de loisir).
    • Perte de chance de promotion professionnelle.
    • Préjudice sexuel.
    • Et tout autre préjudice personnel subi.
    📌 L'intérêt de la faute inexcusable pour un intérimaire

    En intérim, le recours en faute inexcusable est particulièrement pertinent car les intérimaires sont souvent exposés à des risques élevés sans formation suffisante. La reconnaissance de cette faute permet de passer d’une indemnisation forfaitaire (rente de la Sécurité sociale) à une réparation quasi-intégrale du préjudice. C’est un levier juridique puissant qui nécessite l’accompagnement d’un avocat spécialisé en droit du dommage corporel.

    Qui est responsable : l’agence d’intérim ou l’entreprise utilisatrice ?

    En matière de faute inexcusable, c’est l’agence d’intérim, en tant qu’employeur, qui est juridiquement responsable vis-à-vis de la CPAM et du salarié. Toutefois, l’agence dispose d’un recours en garantie contre l’entreprise utilisatrice si celle-ci est à l’origine du manquement aux règles de sécurité. En pratique, c’est souvent l’entreprise utilisatrice qui supporte la charge financière finale de la faute inexcusable.

    Rechute, séquelles et consolidation

    Après la phase de soins, le médecin traitant ou le médecin-conseil de la CPAM détermine la date de consolidation. La consolidation ne signifie pas la guérison : elle correspond au moment où l’état de santé de la victime est stabilisé, même si des séquelles persistent.

    Rechute après la fin de mission

    Si une rechute survient après la fin du contrat de mission intérimaire, la victime conserve ses droits à la prise en charge au titre de l’accident du travail initial. Il suffit de déclarer la rechute auprès de la CPAM en fournissant un certificat médical de rechute. Les indemnités journalières sont alors à nouveau versées pendant la durée de l’arrêt de travail lié à la rechute.

    En cas de séquelles permanentes, la victime a intérêt à se faire accompagner par un médecin conseil de victimes pour contester, le cas échéant, le taux d’incapacité fixé par la CPAM. Un taux sous-évalué peut entraîner une perte financière importante sur le long terme, notamment concernant le montant de la rente viagère.

    Les recours en cas de litige

    Plusieurs situations de litige peuvent survenir pour un intérimaire victime d’un accident du travail. Voici les principaux recours disponibles.

    Refus de reconnaissance de l’accident du travail par la CPAM

    La CPAM dispose d’un délai de 30 jours (ou 60 jours en cas d’investigation complémentaire) pour statuer sur le caractère professionnel de l’accident. En cas de refus, la victime peut :

    • Saisir la Commission de recours amiable (CRA) de la CPAM dans un délai de 2 mois.
    • En cas de nouveau refus, saisir le pôle social du tribunal judiciaire (anciennement TASS).

    Contestation du taux d’incapacité permanente

    Si la victime estime que le taux d’IPP fixé par le médecin-conseil est trop faible, elle peut contester cette décision auprès du tribunal du contentieux de l’incapacité (désormais intégré au pôle social du tribunal judiciaire). L’assistance d’un avocat spécialisé et d’un médecin expert est vivement recommandée pour ce type de procédure.

    Refus de l’agence d’intérim de déclarer l’accident

    Si l’agence d’intérim refuse ou tarde à effectuer la déclaration d’accident du travail, le salarié intérimaire peut :

    • Effectuer lui-même la déclaration auprès de la CPAM dans un délai de 2 ans.
    • Signaler le manquement à l’inspection du travail.
    • Saisir le conseil de prud’hommes pour obtenir réparation du préjudice causé par ce manquement.
    ⚠️ Délais de prescription à respecter

    La victime d’un accident du travail en intérim dispose d’un délai de 2 ans à compter de l’accident (ou de la cessation du paiement des indemnités journalières) pour agir auprès de la CPAM. Pour l’action en faute inexcusable, le délai est également de 2 ans à compter de la reconnaissance du caractère professionnel de l’accident. Il est impératif de ne pas laisser ces délais expirer.

    Action en responsabilité civile contre un tiers

    Si l’accident a été causé par un tiers (par exemple un conducteur de chariot élévateur d’une autre entreprise, un sous-traitant, etc.), la victime peut engager une action en responsabilité civile contre ce tiers pour obtenir une réparation intégrale de son préjudice, en plus des prestations de la Sécurité sociale. Ce recours est comparable à celui ouvert en matière d’accident de la route.

    📞 Intérimaire accidenté au travail : faire valoir ses droits

    Un accident du travail en intérim peut donner lieu à une indemnisation bien supérieure aux seules prestations de la Sécurité sociale, notamment via le recours en faute inexcusable. La permanence de l’AVF met gratuitement en relation les victimes avec des avocats spécialisés en dommage corporel et droit du travail.

    Questions fréquentes sur l’accident du travail en intérim

    Questions fréquentes


    L'intérimaire a-t-il les mêmes droits qu'un salarié en CDI en cas d'accident du travail ?

    Oui, le salarié intérimaire bénéficie exactement de la même protection que tout autre salarié en matière d’accident du travail. Il a droit aux indemnités journalières sans délai de carence, à la prise en charge intégrale des frais médicaux et, en cas de séquelles, à une rente ou un capital d’incapacité permanente. La victime peut également engager un recours en faute inexcusable contre l’agence d’intérim ou l’entreprise utilisatrice.


    Qui doit déclarer l'accident du travail : l'agence d'intérim ou l'entreprise utilisatrice ?

    C’est l’agence d’intérim, en tant qu’employeur juridique, qui doit effectuer la déclaration d’accident du travail (DAT) auprès de la CPAM dans un délai de 48 heures. L’entreprise utilisatrice, de son côté, doit remplir le formulaire d’information préalable (Cerfa 60-3741) décrivant les circonstances de l’accident et le transmettre à l’agence.


    L'accident du travail prolonge-t-il le contrat de mission intérimaire ?

    Non. Contrairement à un CDI où le contrat est suspendu pendant l’arrêt, le contrat de mission intérimaire prend fin à la date initialement prévue, même si la victime est en arrêt de travail. En revanche, les indemnités journalières de la Sécurité sociale continuent d’être versées au-delà de la fin de mission, tant que l’arrêt est médicalement justifié.


    Que faire si l'agence d'intérim refuse de déclarer l'accident ?

    La victime dispose du droit de déclarer elle-même l’accident auprès de la CPAM dans un délai de 2 ans. Elle peut aussi signaler le manquement à l’inspection du travail. En cas de préjudice causé par ce retard ou ce refus, une action devant le conseil de prud’hommes est possible pour obtenir des dommages et intérêts.


    Qu'est-ce que la faute inexcusable dans le cadre de l'intérim ?

    La faute inexcusable est reconnue lorsque l’employeur (l’agence d’intérim) ou l’entreprise utilisatrice avait conscience du danger et n’a pas pris les mesures nécessaires pour protéger le salarié. En intérim, les cas les plus fréquents sont l’absence de formation au poste, le défaut d’EPI ou l’affectation à des tâches non prévues au contrat. La reconnaissance de la faute inexcusable permet une indemnisation complémentaire couvrant les souffrances endurées, le préjudice esthétique, le préjudice d’agrément, etc.


    L'intérimaire peut-il percevoir des indemnités après la fin de sa mission ?

    Oui. Les indemnités journalières versées au titre de l’accident du travail sont maintenues après la fin du contrat de mission, tant que l’arrêt de travail est justifié médicalement. De même, en cas de séquelles permanentes, la rente d’incapacité est versée indépendamment de la situation professionnelle de la victime.


    Témoignages

    Bon moi j’ai eu un accident dans un entrepot ou j’étais en mission, je me suis pété le dos en portant une palette trop lourde. L’entreprise voulait même pas déclarer l’accident ils disaient que c’était rien.. j’ai dû insister et prevenir l’agence moi-même. Au final la CPAM a reconnu l’accident du travail, j’ai été en arrêt 3 mois et j’ai touché les indemnités. Mais c’est grace à avf.fr que j’ai compris que je pouvais aussi faire un recours en faute inexcusable parce qu’on m’avait jamais formé au poste. J’ai été mis en relation avec un avocat et on a obtenu 18 000€ en plus des indemnités de la sécu

    — Youssef, 29 ans, intérimaire en logistique

    Franchement je savais pas du tout que en intérim on avait les mêmes droits qu’un CDI. J’ai glissé sur un sol mouillé dans l’usine, fracture du poignet. Mon agence a bien déclaré l’accident mais après la fin de ma mission ils m’ont dit que je toucherai plus rien.. c’est faux en fait, les IJ continuent tant que ya l’arrêt de travail. J’aurais aimé le savoir plus tôt au lieu de stresser pendant 2 semaines

    — Céline, 37 ans, accident en intérim dans l'agroalimentaire

    Honnêtement le probleme dans l’interim c’est que personne te forme. Moi 35 ans de chantier, on m’a envoyé sur un poste que je connaissais pas, pas de casque, rien.. j’ai pris un truc sur la tête et j’ai eu un traumatisme cranien. L’avocat que j’ai trouvé via la permanence de avf a fait reconnaître la faute inexcusable de l’entreprise utilisatrice. J’ai eu une rente majorée plus des indemnités pour les souffrances. Faut pas se laisser faire les gars, on a des droits même en intérim

    — Patrick, 52 ans, intérimaire dans le BTP
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    Patrick Kloepfer

    Président d'honneur de l'AVF

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