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Tableau 13 bis – Affections provoquées par le pentachlorophénol et le lindane (régime agricole)

Les travailleurs agricoles exposés à des préparations associant pentachlorophénol (ou pentachlorophénates) et lindane peuvent développer des pathologies graves. Ces substances, longtemps utilisées pour le traitement du bois, sont aujourd’hui reconnues comme hautement toxiques. Le tableau 13 bis des maladies professionnelles du régime agricole permet aux salariés atteints d’obtenir une prise en charge et une indemnisation. Comprendre les conditions de reconnaissance et les démarches à engager est essentiel pour faire valoir ses droits.

pentachlorophénol et lindane
pentachlorophénol et lindane

Pentachlorophénol et lindane : deux substances toxiques utilisées en milieu agricole

Le pentachlorophénol : un fongicide interdit depuis 1994

Le pentachlorophénol (PCP) est un fongicide puissant qui se présente sous forme de cristaux blancs. Il a été largement employé dans le secteur agricole et forestier pour :

  • Le traitement du bois contre les champignons et les moisissures
  • Le blanchiment de la pâte à papier
  • La conservation des charpentes et pièces de menuiserie

Cette substance est extrêmement nocive pour l’organisme humain et très polluante pour l’environnement. Face à ces dangers, le décret du 27 juillet 1994 a interdit la mise sur le marché de tout produit contenant plus de 0,1 % de pentachlorophénol en France.

⚠️ Exposition résiduelle au pentachlorophénol

Même après l’interdiction de 1994, des travailleurs peuvent encore être exposés au pentachlorophénol. Les charpentes et boiseries traitées avant cette date continuent de libérer des résidus toxiques, notamment lors de travaux de rénovation ou de démolition. La maladie professionnelle peut être déclarée même si l’exposition est ancienne.

Le lindane : un insecticide classé dangereux par l’OMS

Le lindane est un insecticide organochloré commercialisé depuis 1938. Son utilisation a été très répandue dans plusieurs domaines :

  • L’agriculture, pour la protection des cultures et le traitement des semences
  • La préservation du bois, en association avec le pentachlorophénol
  • Les produits pharmaceutiques : traitement de la gale, élimination des poux

L’Organisation Mondiale de la Santé (OMS) a classé le lindane comme substance « moyennement dangereuse ». En réalité, ses effets sur la santé sont bien documentés et particulièrement préoccupants en cas d’exposition prolongée. Le lindane est classé cancérogène probable par le Centre international de recherche sur le cancer (CIRC).

Association pentachlorophénol-lindane : un risque aggravé

C’est précisément l’association du pentachlorophénol avec le lindane dans les préparations de traitement du bois qui est visée par le tableau 13 bis. La combinaison de ces deux substances augmente significativement la toxicité et les risques pour la santé des travailleurs exposés.

Conséquences sur la santé des travailleurs exposés au pentachlorophénol et au lindane

L’exposition à des préparations associant pentachlorophénol et lindane provoque de nombreux effets indésirables sur l’organisme. Les symptômes peuvent apparaître rapidement ou se manifester des années après l’exposition.

Effets aigus et chroniques

Les principales affections reconnues par le tableau 13 bis comprennent :

  • Irritations des yeux, du nez et des voies respiratoires
  • Lésions cutanées : eczéma, dermatite de contact
  • Troubles hépatiques : atteintes du foie liées à la toxicité des organochlorés
  • Troubles neurologiques : céphalées, vertiges, tremblements
  • Aplasies ou hypoplasies de la moelle osseuse dans les cas les plus graves

Une exposition prolongée ou répétée à ces produits chimiques peut entraîner des complications durables. Les travailleurs du bois, charpentiers et menuisiers du secteur agricole sont particulièrement concernés.

💡 Cas pratique : un charpentier agricole atteint de troubles hépatiques

Un salarié agricole a travaillé pendant douze ans dans le traitement de charpentes avec des préparations contenant du pentachlorophénol associé au lindane. Après avoir développé des troubles hépatiques chroniques, il a fait reconnaître sa pathologie comme maladie professionnelle devant le CRRMP. La prise en charge de ses soins et une rente d’incapacité lui ont été accordées.

Tableau 13 bis : conditions de reconnaissance de la maladie professionnelle

DÉSIGNATION DES MALADIES DÉLAI DE PRISE
EN CHARGE
Syndrome biologique caractérisé par :- neutropénie franche (moins de 1 000 polynucléaires neutrophiles par mm3 90 jours

Liste limitative des principaux travaux susceptibles de provoquer ces maladies :

Tous traitements des bois coupés, charpentes et pièces de menuiserie en place.

⚖️ Tableau 13 bis – Régime agricole, créé par le Décret n°2005-368 du 19 avril 2005

Ce tableau définit les affections provoquées par des préparations associant pentachlorophénol (ou pentachlorophénates) avec du lindane. Il fixe les délais de prise en charge et la liste limitative des travaux exposants. Article consultable sur Légifrance.

Conditions à remplir pour la reconnaissance

Pour qu’une maladie soit reconnue au titre du tableau 13 bis du régime agricole, la victime doit réunir trois conditions cumulatives :

  • Présenter une pathologie figurant dans la colonne « Désignation des maladies » du tableau
  • Respecter le délai de prise en charge prévu entre la fin de l’exposition et la première constatation médicale
  • Avoir exercé un travail figurant dans la liste limitative des travaux exposants

Si l’une de ces conditions n’est pas remplie, la victime peut tout de même déposer un dossier auprès du Comité Régional de Reconnaissance des Maladies Professionnelles (CRRMP). Ce comité évalue le lien direct et essentiel entre la maladie et l’activité professionnelle.

📌 Les étapes clés de la déclaration

– Consulter un médecin qui établit un certificat médical initial (CMI) décrivant la pathologie
– Déclarer la maladie professionnelle auprès de la MSA (Mutualité Sociale Agricole) dans un délai de 15 jours
– Fournir l’attestation d’exposition et les justificatifs d’emploi
– Attendre l’instruction du dossier (3 à 6 mois en moyenne)
– En cas de refus, contester la décision devant le tribunal judiciaire compétent

Recours et indemnisation pour les victimes du pentachlorophénol et du lindane

La reconnaissance en maladie professionnelle ouvre droit à une prise en charge intégrale des soins liés à la pathologie. Selon le taux d’incapacité permanente évalué, la victime peut percevoir un capital ou une rente d’incapacité.

La faute inexcusable de l’employeur

Lorsque l’employeur avait ou aurait dû avoir conscience du danger lié aux préparations contenant du pentachlorophénol et du lindane, et qu’il n’a pas pris les mesures de protection nécessaires, la victime peut engager une action en faute inexcusable. Cette procédure permet d’obtenir :

  • La majoration de la rente d’incapacité permanente
  • L’indemnisation des préjudices complémentaires : souffrances endurées, préjudice esthétique, incidence professionnelle, perte de qualité de vie
⚠️ Délai de prescription pour la faute inexcusable

L’action en faute inexcusable de l’employeur se prescrit par deux ans à compter de la reconnaissance de la maladie professionnelle ou de la date de consolidation. Il est indispensable de consulter rapidement un avocat spécialisé pour ne pas perdre ce droit.

Un avocat spécialisé en dommage corporel et maladies professionnelles est un allié essentiel pour évaluer précisément les préjudices subis et obtenir une juste indemnisation. L’Association d’Aide aux Victimes de France peut orienter les travailleurs concernés vers des professionnels compétents.

📞 Victime d'une exposition au pentachlorophénol ou au lindane ?

L’association AVF accompagne les victimes de maladies professionnelles dans leurs démarches. Un avocat spécialisé peut évaluer l’opportunité d’un recours en faute inexcusable et défendre les droits de la victime devant les juridictions compétentes.

Expertise médicale et évaluation du taux d’incapacité

L’évaluation du taux d’incapacité permanente (IPP) est une étape déterminante dans le processus d’indemnisation. Elle conditionne le montant de la rente ou du capital versé par la MSA.

Pour que cette évaluation reflète fidèlement l’ensemble des séquelles, il est fortement recommandé de se faire accompagner par un médecin expert de recours. Ce médecin, indépendant de la MSA, analyse le dossier médical et assiste la victime lors de l’expertise pour s’assurer que toutes les séquelles sont prises en compte.

Taux d'incapacité et type d'indemnisation

Un taux d’incapacité permanente inférieur à 10 % donne droit à un capital versé en une fois. Au-delà de 10 %, la victime perçoit une rente viagère. Plus le taux est élevé, plus l’indemnisation est conséquente. Le recours à un médecin expert de recours permet souvent d’obtenir une réévaluation plus juste du taux initialement proposé.

Questions fréquentes


Qu'est-ce que le tableau 13 bis des maladies professionnelles du régime agricole ?

Le tableau 13 bis du régime agricole recense les affections provoquées par des préparations associant le pentachlorophénol (ou pentachlorophénates) avec du lindane. Il définit les pathologies reconnues, les délais de prise en charge et la liste des travaux exposants, principalement le traitement des bois, charpentes et pièces de menuiserie.


Quels travaux sont concernés par l'exposition au pentachlorophénol et au lindane ?

La liste limitative du tableau 13 bis vise tous les traitements des bois coupés, des charpentes et des pièces de menuiserie en place. Les charpentiers, menuisiers et agents de traitement du bois du secteur agricole sont les principaux travailleurs concernés.


Comment faire reconnaître une maladie professionnelle liée au pentachlorophénol et au lindane ?

La victime doit obtenir un certificat médical initial décrivant sa pathologie, puis déclarer la maladie auprès de la MSA dans un délai de 15 jours. Le dossier est instruit pour vérifier que les conditions du tableau 13 bis sont remplies. En cas de refus ou de condition manquante, un recours devant le CRRMP est possible.


Peut-on engager la responsabilité de l'employeur en cas de maladie professionnelle ?

Oui. Si l’employeur avait ou aurait dû avoir conscience du danger et n’a pas pris les mesures de protection nécessaires, la victime peut engager une action en faute inexcusable. Cela permet d’obtenir la majoration de la rente et l’indemnisation de préjudices complémentaires comme les souffrances endurées ou l’incidence professionnelle.


Quel est le délai pour agir en reconnaissance de maladie professionnelle ?

La déclaration doit être faite dans les deux ans suivant la première constatation médicale de la maladie ou la date à laquelle la victime a eu connaissance du lien avec son activité professionnelle. Pour la faute inexcusable, le délai est de deux ans à compter de la reconnaissance ou de la consolidation.


Témoignages

J’ai traité des charpentes pendant plus de 15 ans avec des produits au pentachlorophénol et lindane. Personne nous a jamais dit que c’était dangereux. Quand j’ai commencé à avoir des problemes au foie, mon médecin a fait le lien avec mon travail. Grâce à avf.fr j’ai été orienté vers un avocat qui a monté mon dossier de faute inexcusable. J’ai obtenu une rente majorée et 28 000€ de dommages complémentaires. Ça a pris du temps mais ça valait le coup.

— Gérard M., ancien charpentier agricole, Dordogne

Mon mari a travaillé toute sa vie dans le traitement du bois en exploitation agricole. Il est tombé très malade, troubles neurologiques, fatigue permanente… Le médecin nous a parlé du tableau 13 bis. On a pu faire reconnaitre sa maladie professionnelle avec l’aide d’un avocat spécialisé. Il a touché une rente avec un taux de 35%. Je regrette juste qu’on ait pas agi plus tôt.

— Martine L., veuve d'un ouvrier agricole, Aisne

Moi j’ai été exposé au lindane et au pentachlorophénol pendant des années sans le savoir. C’est en lisant un article sur internet que j’ai compris d’où venaient mes problèmes respiratoires. L’association m’a mis en contact avec un médecin expert qui a bien documenté mes séquelles. Mon taux d’incapacité est passé de 8% à 15% après contre-expertise. Ça change tout pour l’indemnisation.

— Philippe D., menuisier agricole retraité, Haute-Savoie