Association d'Aide aux Victimes de France
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    Section d'aide aux victimes d'Accident du Travail et de Maladies Professionnelles

    Tableau 13 – Intoxications professionnelles par les dérivés nitrés et chloronitrés des hydrocarbures benzéniques - avf.fr

    Le tableau 13 des maladies professionnelles du régime général concerne les intoxications provoquées par les dérivés nitrés et chloronitrés des hydrocarbures benzéniques. Ces substances chimiques, largement utilisées dans l’industrie des colorants, des explosifs et de la synthèse organique, peuvent entraîner des pathologies graves. Lorsqu’une maladie professionnelle est reconnue au titre de ce tableau, la victime dispose de droits spécifiques en matière d’indemnisation. Encore faut-il connaître les conditions de prise en charge et les démarches à engager en cas de refus ou de contestation.

    Hydrocarbures benzéniques et dérivés nitrés : de quoi s’agit-il ?

    L’hydrocarbure benzénique (ou composé aromatique) est une famille de molécules obtenues principalement par la distillation des goudrons de houille ou par le raffinage pétrolier. Le benzène, le toluène et le xylène en sont les représentants les plus courants.

    Intoxications professionnelles par les dérivés nitrés et chloronitrés des hydrocarbures benzéniques
    Intoxications professionnelles par les dérivés nitrés et chloronitrés des hydrocarbures benzéniques

    Les dérivés nitrés résultent de la fixation d’un ou plusieurs groupes nitro (–NO₂) sur le noyau benzénique. On obtient ainsi le nitrobenzène, le dinitrobenzène ou encore le trinitrotoluène (TNT). Les dérivés chloronitrés combinent un atome de chlore et un groupe nitro sur la même molécule, comme le chloronitrobenzène.

    Ces substances sont particulièrement toxiques. Elles pénètrent dans l’organisme par inhalation de vapeurs, par contact cutané ou par ingestion accidentelle. Leur dangerosité justifie l’existence d’un tableau de maladie professionnelle dédié depuis plusieurs décennies.

    Voie de pénétration cutanée

    Les dérivés nitrés du benzène traversent facilement la barrière cutanée. Un salarié peut être intoxiqué même sans avoir inhalé de vapeurs, simplement par contact prolongé avec ces produits. Le port d’équipements de protection individuelle adaptés est donc essentiel.

    Tableau 13 : intoxications professionnelles par les dérivés nitrés et chloronitrés des hydrocarbures benzéniques

    Le tableau 13 du régime général de la Sécurité sociale définit les pathologies reconnues, les délais de prise en charge et la liste indicative des travaux susceptibles de provoquer ces maladies.

    DÉSIGNATION DES MALADIES DÉLAI DE PRISE EN CHARGE
    Manifestations consécutives à l’intoxication subaiguë ou chronique (cyanose, anémie, subictère). 1 an
    Accidents aigus (coma) en dehors des cas considérés comme accidents du travail. 30 jours
    Dermites chroniques irritatives ou eczématiformes causées par les dérivés chloronitrés récidivant en cas de nouvelle exposition au risque. 15 jours

    Pathologies et symptômes reconnus

    Les intoxications par les dérivés nitrés et chloronitrés des hydrocarbures benzéniques se manifestent principalement par :

    • Méthémoglobinémie : incapacité du sang à transporter correctement l’oxygène, provoquant une cyanose (coloration bleutée de la peau), des céphalées, des vertiges et, dans les cas graves, un coma.
    • Hépatite toxique : atteinte du foie se traduisant par un ictère (jaunisse), des douleurs abdominales et une insuffisance hépatique.
    • Anémie hémolytique : destruction accélérée des globules rouges.
    • Dermites et eczémas de contact liés à la manipulation de ces produits.
    ⚠️ Délai de prise en charge limité

    Le tableau 13 prévoit des délais de prise en charge relativement courts, généralement de 3 à 30 jours selon la pathologie. Si les symptômes apparaissent après l’expiration de ce délai, la reconnaissance devient plus difficile et nécessite souvent une saisine du comité régional de reconnaissance des maladies professionnelles (CRRMP).

    Travaux exposant aux dérivés nitrés et chloronitrés

    La liste indicative des principaux travaux susceptibles de provoquer ces maladies comprend :

    • La fabrication des dérivés nitrés et chloronitrés du benzène et de ses homologues.
    • La fabrication des dérivés aminés (aniline et homologues) et de certaines matières colorantes.
    • La préparation et manipulation d’explosifs.
    • Toute opération impliquant la réparation, l’emploi ou la manipulation de ces substances.

    Sont toutefois exclues les opérations effectuées à l’intérieur d’appareils rigoureusement clos en marche normale.

    ⚖️ Article R461-3 du Code de la sécurité sociale

    La maladie professionnelle est présumée d’origine professionnelle lorsque les conditions du tableau sont remplies : pathologie désignée, délai de prise en charge respecté et exposition aux travaux listés. C’est le principe dit de « présomption d’imputabilité ».

    Faire reconnaître une maladie professionnelle au titre du tableau 13

    La déclaration de maladie professionnelle constitue la première étape indispensable. Le salarié (ou ancien salarié) doit adresser à la CPAM un formulaire de déclaration accompagné d’un certificat médical initial décrivant précisément la pathologie constatée.

    La caisse dispose ensuite de 120 jours pour statuer. Elle peut ordonner une enquête administrative et solliciter l’avis du médecin-conseil.

    💡 Cas pratique : ouvrier dans une usine d'explosifs

    Un salarié travaille depuis 8 ans dans une usine de fabrication de TNT. Il présente une cyanose persistante et des céphalées invalidantes. Son médecin traitant diagnostique une méthémoglobinémie chronique. La déclaration est effectuée avec un certificat médical initial mentionnant l’exposition aux dérivés nitrés. La CPAM reconnaît la maladie professionnelle au titre du tableau 13. Le salarié bénéficie alors de la prise en charge à 100 % de ses soins et d’indemnités journalières majorées.

    Que faire en cas de refus de la CPAM ?

    Un refus de reconnaissance peut survenir pour plusieurs raisons : délai de prise en charge dépassé, exposition jugée insuffisante ou pathologie ne correspondant pas exactement au tableau.

    Dans ce cas, plusieurs recours sont possibles :

    • Saisine de la Commission de recours amiable (CRA) dans un délai de deux mois.
    • Recours devant le pôle social du tribunal judiciaire en cas de rejet par la CRA.
    • Saisine du CRRMP lorsque les conditions du tableau ne sont pas toutes remplies mais qu’un lien direct avec l’activité professionnelle peut être établi.

    L’accompagnement par un avocat spécialisé en droit du dommage corporel est vivement recommandé à ce stade. Il permet d’optimiser les chances de reconnaissance et de préparer un dossier solide.

    La faute inexcusable de l'employeur

    Si l’employeur avait ou aurait dû avoir conscience du danger et n’a pas pris les mesures de protection nécessaires, la victime peut engager une action en reconnaissance de la faute inexcusable. Cette procédure permet d’obtenir une majoration de la rente et l’indemnisation intégrale des préjudices, y compris les souffrances physiques et morales.

    📞 Maladie professionnelle tableau 13 : un avocat peut défendre les droits de la victime

    En cas de refus de reconnaissance, de contestation du taux d’incapacité ou de faute inexcusable de l’employeur, l’association AVF peut orienter la victime vers un avocat spécialisé en droit du dommage corporel.

    Indemnisation des victimes d’intoxication aux dérivés nitrés benzéniques

    Une fois la maladie professionnelle reconnue, la victime bénéficie de plusieurs droits :

    • Prise en charge intégrale des frais médicaux, chirurgicaux et pharmaceutiques liés à la pathologie.
    • Indemnités journalières majorées pendant l’arrêt de travail (80 % du salaire à partir du 29ᵉ jour).
    • Rente d’incapacité permanente si un taux d’incapacité est fixé après consolidation.
    • Indemnisation complémentaire en cas de faute inexcusable de l’employeur.

    Le taux d’incapacité permanente est déterminé par le médecin-conseil de la CPAM. Il peut être contesté devant le tribunal judiciaire si la victime estime qu’il ne reflète pas la gravité réelle de ses séquelles. L’assistance d’un médecin expert de recours est alors précieuse pour contester l’évaluation.

    📊 Indemnisation et taux d'incapacité

    En cas de taux d’incapacité permanente supérieur ou égal à 10 %, la victime perçoit une rente viagère calculée sur la base de son salaire annuel. Pour un taux inférieur à 10 %, un capital forfaitaire est versé en une seule fois.

    Prévention des intoxications aux dérivés nitrés en milieu professionnel

    La prévention repose sur le respect strict des valeurs limites d’exposition professionnelle (VLEP) et sur l’utilisation d’équipements de protection collective et individuelle. L’employeur a une obligation de sécurité de résultat envers ses salariés.

    Les mesures de prévention comprennent notamment :

    • Le confinement des procédés de fabrication (appareils clos).
    • La ventilation et l’aspiration à la source des vapeurs toxiques.
    • La surveillance médicale renforcée des salariés exposés.
    • La formation et l’information sur les risques chimiques.
    📌 Points clés du tableau 13

    – Le tableau 13 couvre les intoxications par les dérivés nitrés et chloronitrés des hydrocarbures benzéniques.
    – Les pathologies principales sont la méthémoglobinémie, l’hépatite toxique et l’anémie hémolytique.
    – Les délais de prise en charge sont courts : la déclaration doit être rapide.
    – En cas de refus de la CPAM, des recours existent (CRA, tribunal judiciaire, CRRMP).
    – La faute inexcusable de l’employeur permet une indemnisation complémentaire significative.

    Références légales du tableau 13

    Questions fréquentes


    Quels sont les principaux symptômes d'une intoxication aux dérivés nitrés du benzène ?

    Les symptômes les plus fréquents sont la cyanose (coloration bleutée de la peau), les céphalées, les vertiges, la fatigue intense et, dans les cas graves, une hépatite toxique ou une anémie hémolytique. Une méthémoglobinémie se manifeste par une difficulté du sang à transporter l’oxygène.


    Quel est le délai pour déclarer une maladie professionnelle au titre du tableau 13 ?

    La victime dispose de deux ans à compter de la date du certificat médical établissant le lien entre la pathologie et l’exposition professionnelle. Les délais de prise en charge inscrits au tableau (entre 3 et 30 jours selon la pathologie) doivent également être respectés pour bénéficier de la présomption d’imputabilité.


    Peut-on contester un refus de reconnaissance de maladie professionnelle ?

    Oui. La victime peut saisir la Commission de recours amiable (CRA) dans un délai de deux mois, puis le pôle social du tribunal judiciaire en cas de rejet. Si les conditions du tableau ne sont pas toutes remplies, le dossier peut être transmis au CRRMP pour un examen individuel.


    Qu'est-ce que la faute inexcusable de l'employeur dans ce contexte ?

    La faute inexcusable est reconnue lorsque l’employeur avait ou aurait dû avoir conscience du danger lié aux dérivés nitrés et n’a pas mis en place les mesures de protection nécessaires. Elle ouvre droit à une majoration de la rente et à l’indemnisation de l’ensemble des préjudices subis (souffrances, préjudice esthétique, perte de qualité de vie).


    Un salarié retraité peut-il encore faire reconnaître une maladie professionnelle ?

    Oui. La déclaration de maladie professionnelle peut être effectuée même après la cessation de l’activité, à condition de respecter le délai de prescription de deux ans à compter de la date du certificat médical initial constatant la maladie.


    Témoignages

    J’ai travaillé 22 ans dans une usine qui fabriquait des colorants. On manipulait du nitrobenzène quasi tous les jours, souvent sans masque adapté. Quand on m’a diagnostiqué une hépatite toxique, mon médecin m’a orienté vers avf.fr. L’association m’a mis en relation avec un avocat qui a monté le dossier de faute inexcusable. J’ai obtenu une rente majorée et environ 35 000 € d’indemnisation complémentaire. Sans cet accompagnement j’aurais rien eu de plus que le minimum.

    — Patrick, 58 ans, ancien ouvrier en chimie industrielle

    Suite à des malaises répétés au travail, le médecin du travail a fait des analyses et on m’a trouvé une méthémoglobinémie. La CPAM a d’abord refusé la reconnaissance parce que soi-disant le délai de prise en charge était dépassé. J’ai contesté avec l’aide d’un avocat spécialisé, passage devant le CRRMP, et finalement ma maladie a été reconnue. 100% des soins pris en charge et des indemnités journalières pendant 8 mois d’arrêt.

    — Nadia, 45 ans, technicienne de laboratoire

    J’ai manipulé du TNT et des dérivés nitrés pendant toute ma carrière. C’est seulement à la retraite qu’on m’a diagnostiqué des problèmes de foie liés à l’exposition. Je pensais que c’était trop tard mais en fait non, j’avais 2 ans pour déclarer à partir du certificat médical. Le dossier a mis du temps mais ca a été reconnu en maladie pro. Ma rente m’aide bien au quotidien.

    — Stéphane, 62 ans, artificier à la retraite
    Photo de Patrick Kloepfer en fauteuil roulant
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    Patrick Kloepfer

    Président d'honneur de l'AVF

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