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CRA – Commission de Recours Amiable : contester une décision de la Sécurité sociale

Refus de reconnaissance d’une maladie professionnelle, contestation d’un taux d’incapacité, désaccord sur une prestation… Lorsqu’une caisse de Sécurité sociale (CPAM, CAF, CARSAT) rend une décision défavorable, la victime dispose d’un recours obligatoire avant toute action en justice : la saisine de la Commission de Recours Amiable (CRA). Cette étape préalable est incontournable. Comprendre son fonctionnement, ses délais et ses suites permet d’aborder la procédure avec les meilleures chances de succès.

CRA : Commission de recours amiable (contester une décision de la sécurité sociale)
CRA : Commission de recours amiable (contester une décision de la sécurité sociale)

Qu’est-ce que la Commission de Recours Amiable (CRA) ?

La CRA est une instance interne à chaque organisme de Sécurité sociale. Elle est composée de représentants des employeurs et des salariés. Son rôle est de réexaminer les décisions contestées par les assurés avant que celles-ci ne soient portées devant les tribunaux.

La Commission de Recours Amiable peut être saisie pour contester des décisions relatives à :

  • Le refus de prise en charge d’une maladie professionnelle ou d’un accident du travail
  • Le calcul des indemnités journalières
  • Le remboursement de prestations
  • Le refus d’attribution d’une allocation (CAF)
  • Toute décision administrative prise par la CPAM, la CAF ou la CARSAT
⚠️ La CRA n'est pas compétente pour tous les litiges

La Commission de Recours Amiable ne traite pas les contestations relatives au taux d’incapacité permanente, à l’état d’invalidité ou à l’inaptitude au travail. Ces litiges relèvent directement du pôle social du tribunal judiciaire (anciennement Tribunal du Contentieux de l’Incapacité).

Commission de recours amiable pour contester la décision de la sécurité sociale. Vous avez le droit de contester la décision prise par votre Caisse d'Assurance Maladie. Vous devez saisir la Comission de Recours Amiable par lettre dans un délai de 2 mois. Vous avez ensuite le droit de contester la décision de la CRA.
Commission de recours amiable pour contester la décision de la sécurité sociale. Vous avez le droit de contester la décision prise par votre Caisse d

Saisir la CRA : la première étape obligatoire pour contester une décision

Le recours devant la CRA est un préalable obligatoire à toute procédure contentieuse. La victime ne peut pas saisir directement le tribunal sans avoir d’abord formé ce recours amiable. Cette phase permet parfois de résoudre le litige sans passer par la voie judiciaire.

Comment saisir la Commission de Recours Amiable ?

La saisine de la CRA s’effectue par courrier, adressé à la caisse ayant rendu la décision contestée. Il est fortement recommandé d’envoyer une lettre recommandée avec accusé de réception afin de conserver une preuve de la date d’envoi.

Le courrier doit contenir :

  • Les coordonnées complètes de l’assuré (nom, numéro de Sécurité sociale)
  • La copie de la notification de la décision contestée
  • Un exposé clair des motifs de contestation
  • Les pièces justificatives appuyant la demande (certificats médicaux, rapports d’expertise, courriers de l’employeur…)
Un recours gratuit et sans avocat obligatoire

La saisine de la CRA est entièrement gratuite. Aucun avocat n’est nécessaire à ce stade. Cependant, pour les dossiers complexes — notamment en matière de contestation de décision de la Sécurité sociale — l’accompagnement d’un professionnel peut faire la différence dans la rédaction du courrier de réclamation.

Délais pour saisir la CRA

La victime dispose d’un délai de deux mois à compter de la notification de la décision pour saisir la Commission de Recours Amiable. Passé ce délai, le recours est irrecevable et la décision devient définitive.

Une fois saisie, la CRA dispose d’un délai d’un mois pour rendre sa décision. En l’absence de réponse dans ce délai, la demande est considérée comme implicitement rejetée. Ce rejet implicite ouvre alors la voie au recours devant le tribunal.

⚖️ Articles R. 142-1 et R. 142-6 du Code de la Sécurité sociale

Ces articles encadrent la procédure de recours amiable devant la CRA, notamment les délais de saisine (deux mois) et le délai de réponse de la commission (un mois). Ils précisent également que le silence gardé pendant plus d’un mois vaut décision de rejet.

Quelles sont les chances de succès devant la CRA ?

Il faut le dire clairement : dans la majorité des cas, la Commission de Recours Amiable confirme la décision initiale de la caisse. Cela s’explique par le fait que la CRA est une émanation de l’organisme qui a pris la décision contestée.

Toutefois, cette étape n’est pas inutile. Elle permet de formaliser les arguments, de compléter le dossier et, dans certains cas, d’obtenir une révision favorable. Elle constitue surtout un passage obligé pour accéder à la phase contentieuse.

💡 Cas pratique : refus de reconnaissance d'une maladie professionnelle

Un salarié exposé à des substances chimiques pendant quinze ans développe une pathologie respiratoire. La CPAM refuse la reconnaissance en maladie professionnelle au motif que les conditions du tableau ne sont pas entièrement remplies. Le salarié saisit la CRA en joignant un certificat médical détaillé et l’attestation de son médecin du travail. La CRA confirme le refus. Le salarié saisit alors le pôle social du tribunal judiciaire, qui ordonne une expertise médicale et finit par reconnaître le caractère professionnel de la maladie.

Après la CRA : la saisine du pôle social du tribunal judiciaire

Si la décision de la Commission de Recours Amiable est défavorable — qu’il s’agisse d’un rejet explicite ou implicite —, la victime peut porter le litige devant la justice. Le tribunal compétent est désormais le pôle social du tribunal judiciaire.

Quel tribunal saisir après un rejet de la CRA ?

Depuis le 1er janvier 2019, le Tribunal des Affaires de Sécurité Sociale (TASS) et le Tribunal du Contentieux de l’Incapacité (TCI) ont été supprimés. Leurs compétences ont été transférées au pôle social du tribunal judiciaire.

Ce tribunal est compétent pour :

  • Les litiges relatifs à la prise en charge des maladies professionnelles et accidents du travail
  • Les contestations portant sur le taux d’incapacité permanente
  • Les différends sur l’état d’invalidité ou d’inaptitude au travail
  • Les litiges concernant les prestations et indemnités versées par les caisses
Ancien TASS : ce qu'il faut savoir

Le TASS (Tribunal des Affaires de Sécurité Sociale) n’existe plus depuis le 1er janvier 2019. Toute référence à ce tribunal dans d’anciens documents ou notifications est obsolète. La juridiction compétente est désormais le pôle social du tribunal judiciaire du domicile de la victime.

Délai pour saisir le tribunal après un rejet de la CRA

La victime dispose d’un délai de deux mois à compter de la notification de la décision de la CRA pour saisir le pôle social du tribunal judiciaire. En cas de rejet implicite (absence de réponse sous un mois), ce délai court à compter de la date à laquelle le rejet est réputé acquis.

La saisine s’effectue par requête. L’assistance d’un avocat n’est pas obligatoire devant le pôle social du tribunal judiciaire, mais elle est vivement conseillée. Les dossiers de contestation de décisions de Sécurité sociale impliquent souvent des expertises médicales et des questions juridiques complexes.

⚠️ Ne pas laisser passer le délai de deux mois

Le non-respect du délai de deux mois pour saisir le tribunal après le rejet de la CRA entraîne l’irrecevabilité du recours. La décision de la caisse devient alors définitive. Il est essentiel de noter les dates et d’agir rapidement, surtout en cas de rejet implicite.

CRA et maladie professionnelle : un enjeu majeur pour les victimes

Le recours devant la CRA intervient fréquemment dans le cadre des maladies professionnelles. Les refus de reconnaissance sont nombreux et les enjeux considérables : prise en charge des soins à 100 %, versement d’indemnités journalières majorées, attribution d’une rente d’incapacité permanente.

Lorsqu’un salarié cumule un accident de la route et un accident du travail, la situation se complexifie davantage. Un accompagnement juridique adapté permet de sécuriser chaque étape du parcours d’indemnisation.

Dans les cas les plus graves — faute inexcusable de l’employeur, licenciement abusif lié à la maladie professionnelle —, le passage devant la CRA n’est que la première étape d’un parcours contentieux qui peut aboutir à une indemnisation significative.

📌 Les points essentiels sur la CRA

  • La CRA est un recours préalable obligatoire avant toute saisine du tribunal.
  • Le délai de saisine est de deux mois après la notification de la décision contestée.
  • La CRA dispose d’un mois pour répondre. L’absence de réponse vaut rejet.
  • En cas de rejet, la victime peut saisir le pôle social du tribunal judiciaire sous deux mois.
  • La CRA n’est pas compétente pour les litiges sur le taux d’incapacité ou l’invalidité.

📞 Contester une décision de la Sécurité sociale avec un avocat

La procédure de contestation devant la CRA puis le tribunal judiciaire peut s’avérer complexe. L’association AVF met les victimes en relation avec des avocats spécialisés en droit de la Sécurité sociale pour maximiser les chances d’obtenir une décision favorable.

FAQ – Commission de Recours Amiable

Questions fréquentes


Quel est le délai pour saisir la CRA après une décision de la CPAM ?

La victime dispose d’un délai de deux mois à compter de la notification de la décision pour saisir la Commission de Recours Amiable. Ce délai est impératif : au-delà, le recours est irrecevable.

La saisine de la CRA est-elle obligatoire avant d'aller au tribunal ?

Oui, le recours devant la CRA est un préalable obligatoire. Sans cette étape, le pôle social du tribunal judiciaire déclarera la requête irrecevable. La victime doit d’abord obtenir une décision (explicite ou implicite) de la CRA.

Que se passe-t-il si la CRA ne répond pas dans le délai d'un mois ?

L’absence de réponse de la CRA dans un délai d’un mois à compter de la réception de la réclamation vaut rejet implicite. La victime peut alors saisir le tribunal dans les deux mois suivants.

Faut-il un avocat pour saisir la CRA ?

Non, la saisine de la CRA ne nécessite pas l’intervention d’un avocat. Toutefois, pour les dossiers complexes (maladie professionnelle, faute inexcusable), l’accompagnement d’un avocat spécialisé permet de construire un argumentaire solide dès cette première étape.

Le TASS existe-t-il encore pour contester un rejet de la CRA ?

Non. Depuis le 1er janvier 2019, le Tribunal des Affaires de Sécurité Sociale (TASS) a été supprimé. Les litiges avec la Sécurité sociale sont désormais traités par le pôle social du tribunal judiciaire.

Quels types de décisions ne peuvent pas être contestés devant la CRA ?

Les litiges relatifs au taux d’incapacité permanente, à l’état d’invalidité et à l’inaptitude au travail ne relèvent pas de la CRA. Ils sont directement portés devant le pôle social du tribunal judiciaire (ex-Tribunal du Contentieux de l’Incapacité).


Témoignages

Ma maladie pro (canal carpien bilatéral) a été refusée par la CPAM au motif que mon poste était pas assez exposé… J’ai saisi la CRA avec l’aide d’avf.fr et on m’a orientée vers un avocat. La CRA a rejeté aussi mais au tribunal on a gagné, le juge a reconnu la maladie professionnelle. Ça a pris 14 mois en tout mais j’ai eu ma prise en charge à 100% et les indemnités. Faut pas se décourager au premier refus.

— Nathalie, 52 ans, aide-soignante

J’avais des problèmes de dos sérieux après 12 ans de manutention. La CPAM a refusé la reconnaissance maladie pro. J’ai fait le recours CRA tout seul, refus encore. Après j’ai été mis en relation avec un avocat par l’association qui a monté le dossier pour le tribunal. L’expert médical a confirmé le lien avec mon travail. Au final j’ai obtenu un taux d’incapacité de 18% et une rente. Sans l’avocat je pense que j’aurais abandonné.

— Karim, 41 ans, cariste en logistique

Après une dépression liée au harcèlement moral au boulot la sécu a refusé de reconnaître ça en maladie professionnelle. Normal apparemment c’est hors tableau. J’ai quand même saisi la CRA, rejet en 3 semaines. Mon avocat a saisi le tribunal et demandé un comité de reconnaissance des maladies professionnelles. Ça a été long (presque 2 ans) mais la maladie a fini par être reconnue. Le plus dur c’est l’attente mais quand on est bien accompagné on tient le coup.

— Christine, 47 ans, secrétaire administrative