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Indemnités journalières de la Sécurité Sociale (IJSS) : montants, calcul et droits

Après un accident du travail ou la reconnaissance d’une maladie professionnelle, le salarié en arrêt se retrouve privé de salaire. Pour compenser cette perte de revenus, la Sécurité Sociale verse des indemnités journalières (IJ ou IJSS). Ces prestations constituent le socle de l’indemnisation pendant toute la période d’incapacité temporaire. Comprendre leur mode de calcul, leurs plafonds et les compléments possibles permet à la victime d’anticiper ses ressources et, le cas échéant, d’engager un recours pour obtenir une indemnisation complémentaire.

Montant des indemnités journalières après un accident du travail ou une maladie professionnelle

Lorsqu’une maladie professionnelle a été reconnue par la caisse primaire d’assurance maladie (CPAM) ou qu’un accident du travail est pris en charge, la victime bénéficie d’indemnités journalières calculées sur la base de son salaire journalier de référence.

Le salaire journalier de base correspond à 1/30,42e du salaire brut du mois précédant l’arrêt de travail. Les IJSS sont ensuite versées selon un barème progressif :

  • Du 1er au 28e jour d’arrêt : l’indemnité journalière est égale à 60 % du salaire journalier de base.
  • À partir du 29e jour d’arrêt : l’indemnité journalière passe à 80 % du salaire journalier de base.

Ces montants sont soumis à des plafonds réglementaires révisés chaque année. L’indemnité journalière ne peut en aucun cas dépasser le gain journalier net, c’est-à-dire le salaire journalier de base diminué d’un taux forfaitaire de 21 %.

Durée de versement des indemnités Pourcentage du salaire journalier de référence Montant maximum par jour
Du 1er au 28ème jour d’arrêt 60 % 205,84 €
À partir du 29ème jour d’arrêt 80 % 274,46 €
⚖️ Articles L.433-1 et L.433-2 du Code de la sécurité sociale

Ces articles fixent les règles de calcul et de versement des indemnités journalières en cas d’accident du travail ou de maladie professionnelle. Le taux passe de 60 % à 80 % à compter du 29e jour d’arrêt.

Il est possible d’estimer le montant de ses indemnités journalières grâce au simulateur ci-dessous :

Simulateur sans inscription

Utilisez ce simulateur pour obtenir une approximation de vos indemnités journalières.

Prélèvements sociaux sur les IJSS

Les indemnités journalières versées au titre d’un accident du travail ou d’une maladie professionnelle sont soumises à deux prélèvements : la CSG à 6,2 % et la CRDS à 0,50 %. Le montant net perçu est donc légèrement inférieur au montant brut calculé.

Durée de versement des indemnités journalières de la Sécurité Sociale

Les IJSS sont versées pendant toute la période d’incapacité temporaire de travail. Elles cessent à l’un des événements suivants :

  • La guérison complète de la victime, sans séquelle.
  • La consolidation de l’état de santé, c’est-à-dire le moment où les lésions se stabilisent et ne sont plus susceptibles d’évoluer favorablement avec un traitement.
  • Le décès de la victime.

Il n’existe pas de durée maximale légale pour le versement des IJSS en accident du travail ou maladie professionnelle, contrairement aux arrêts maladie classiques limités à 360 jours sur une période de trois ans.

⚠️ Ne pas confondre guérison et consolidation

La consolidation ne signifie pas que la victime est guérie. Elle indique que l’état de santé est stabilisé. Si des séquelles persistent, la victime peut prétendre à une rente d’incapacité permanente ou à un capital, selon le taux d’incapacité retenu. Il est essentiel de contester une date de consolidation prématurée, car elle met fin aux IJSS.

Prise en charge des frais médicaux liés à la maladie professionnelle

Au-delà des indemnités journalières, la reconnaissance d’une maladie professionnelle ouvre droit à une prise en charge à 100 % des frais médicaux en lien avec cette pathologie. Consultations, soins, hospitalisations, médicaments, appareillages : la victime n’avance aucun reste à charge sur les soins directement liés à la maladie reconnue.

Maladie professionnelle et affection longue durée

Une maladie professionnelle reconnue comme affection de longue durée (ALD) donne droit à une prise en charge intégrale par l’Assurance Maladie pour l’ensemble des frais médicaux liés à cette pathologie. Il convient de vérifier auprès de la CPAM que le protocole de soins est bien établi.

Que se passe-t-il en cas de séquelles ? L’indemnisation après consolidation

Lorsque la maladie professionnelle ou l’accident du travail entraîne une incapacité permanente, c’est-à-dire des séquelles définitives, la victime a droit à une indemnisation supplémentaire à compter de la date de consolidation.

Cette indemnisation prend la forme :

  • D’un capital si le taux d’incapacité permanente est inférieur à 10 %.
  • D’une rente viagère si le taux d’incapacité permanente est égal ou supérieur à 10 %.

Le montant de la rente dépend du taux d’incapacité fixé par le médecin-conseil et du salaire de référence. Il est possible d’en estimer le montant à l’aide d’un simulateur de rente.

💡 Cas pratique : maladie professionnelle avec séquelles

Un ouvrier du bâtiment est atteint d’un trouble musculo-squelettique (TMS) reconnu en maladie professionnelle. Après 8 mois d’arrêt, son état est consolidé avec un taux d’incapacité permanente de 15 %. Il perçoit d’abord des IJSS à 60 % puis 80 % de son salaire journalier pendant toute la durée de l’arrêt, puis une rente calculée sur la base de son salaire annuel et du taux d’incapacité retenu.

Pour les victimes dont les séquelles sont lourdes, la question du placement du capital indemnitaire se pose également afin de sécuriser les sommes perçues sur le long terme.

Revalorisation des indemnités journalières en cas d’arrêt prolongé

Lorsqu’un arrêt de travail dure plus de trois mois, les indemnités journalières peuvent être revalorisées. Cette revalorisation intervient selon deux mécanismes possibles :

  • Par arrêté ministériel, en fonction de l’évolution du coût de la vie.
  • Dans le cadre d’une convention collective applicable au salarié.

Si les deux mécanismes prévoient une revalorisation, seul le plus avantageux pour la victime est retenu.

📌 Points clés sur la revalorisation des IJSS

– La revalorisation est automatique après 3 mois d’arrêt continu.
– Elle compense l’érosion du pouvoir d’achat pendant un arrêt de longue durée.
– La victime n’a aucune démarche à effectuer : la CPAM applique la revalorisation d’office.

Indemnités complémentaires versées par l’employeur

En complément des IJSS versées par la Sécurité Sociale, l’employeur peut être tenu de verser des indemnités complémentaires. Cette obligation dépend de plusieurs conditions :

  • Le salarié doit justifier d’au moins un an d’ancienneté dans l’entreprise.
  • L’arrêt de travail doit avoir été transmis à l’employeur dans un délai de 48 heures.
  • Le salarié doit être pris en charge par la Sécurité Sociale.

Le maintien de salaire par l’employeur est encadré par le Code du travail et éventuellement amélioré par la convention collective applicable. Il vient compléter les IJSS pour atteindre un pourcentage plus élevé du salaire habituel.

⚖️ Article L.1226-1 du Code du travail

Tout salarié ayant au moins un an d’ancienneté bénéficie, en cas d’arrêt de travail justifié, d’un maintien partiel de sa rémunération par l’employeur, en complément des indemnités journalières de la Sécurité Sociale.

Faute inexcusable de l’employeur : une indemnisation majorée

Si l’accident du travail ou la maladie professionnelle résulte d’une faute inexcusable de l’employeur, la victime peut obtenir une majoration de sa rente d’incapacité permanente ainsi que la réparation de préjudices complémentaires (souffrances endurées, préjudice esthétique, préjudice d’agrément, perte de possibilité de promotion professionnelle).

La reconnaissance de la faute inexcusable nécessite de démontrer que l’employeur avait ou aurait dû avoir conscience du danger et qu’il n’a pas pris les mesures nécessaires pour en préserver le salarié. Cette procédure se déroule devant le pôle social du tribunal judiciaire. L’accompagnement par un avocat spécialisé est vivement recommandé pour maximiser les chances d’obtenir une indemnisation complète.

💡 Cas pratique : faute inexcusable et majoration des indemnités

Un salarié est exposé pendant des années à l’amiante sans protection adaptée. Il développe un mésothéliome reconnu en maladie professionnelle avec un taux d’incapacité de 67 %. Son avocat engage une procédure en faute inexcusable. Le tribunal reconnaît la faute de l’employeur : la rente est majorée à son maximum et le salarié obtient en plus 85 000 € au titre des souffrances endurées et du préjudice d’agrément.

Pour les victimes confrontées à un refus de reconnaissance ou à un litige avec l’employeur, un recours contentieux devant le tribunal peut être nécessaire. De même, la demande de reconnaissance de maladie professionnelle doit être correctement formalisée dès le départ.

📞 Faire reconnaître une faute inexcusable de l'employeur

La victime d’un accident du travail ou d’une maladie professionnelle liée à un manquement de l’employeur peut obtenir une indemnisation majorée. L’association AVF met en relation avec des avocats spécialisés en droit du dommage corporel pour évaluer les chances de succès d’une telle procédure.

Les lettres et formulaires utiles pour les démarches

La gestion d’un dossier d’accident du travail ou de maladie professionnelle implique de nombreuses formalités administratives. Il est important de respecter les délais de déclaration et de fournir les bons documents à la CPAM. Des modèles de lettres et les formulaires Cerfa nécessaires sont disponibles pour accompagner chaque étape de la procédure.

📊 IJSS en chiffres (2024)

– Indemnité journalière maximale (60 %) : environ 220 € brut par jour.
– Indemnité journalière maximale (80 %) : environ 293 € brut par jour.
– Délai de carence en AT/MP : aucun (les IJSS sont versées dès le lendemain de l’arrêt).
– Nombre de maladies professionnelles reconnues par an : environ 50 000.

Questions fréquentes


Quel est le délai de carence pour les IJSS en accident du travail ou maladie professionnelle ?

Il n’y a aucun délai de carence. Les indemnités journalières sont versées dès le lendemain de l’arrêt de travail. Le jour de l’accident est intégralement payé par l’employeur.


Comment sont calculées les indemnités journalières de la Sécurité Sociale ?

Le salaire journalier de base est égal à 1/30,42e du dernier salaire brut mensuel. L’IJSS est de 60 % de ce montant les 28 premiers jours, puis de 80 % à partir du 29e jour, dans la limite des plafonds fixés par la réglementation.


Les IJSS sont-elles imposables ?

Les indemnités journalières versées au titre d’un accident du travail ou d’une maladie professionnelle sont imposables à hauteur de 50 % de leur montant. Elles sont en revanche intégralement soumises à la CSG et à la CRDS.


Peut-on cumuler les IJSS avec un salaire ?

Non, les IJSS compensent la perte de salaire liée à l’arrêt de travail. Le cumul avec un salaire n’est possible qu’en cas de reprise à temps partiel thérapeutique, sous réserve de l’accord du médecin-conseil de la CPAM.


Que faire si la CPAM refuse de reconnaître la maladie professionnelle ?

La victime peut contester la décision en saisissant la commission de recours amiable (CRA) de la CPAM, puis le pôle social du tribunal judiciaire. L’assistance d’un avocat spécialisé est recommandée pour constituer un dossier solide.


Témoignages

J’ai eu un accident du travail en septembre 2022, fracture du poignet droit. Mon arrêt a duré 7 mois. Au début je touchais 60% de mon salaire en IJSS, c’était vraiment juste avec le crédit de la maison. Après le 29e jour c’est passé à 80%, ça allait un peu mieux. Mon employeur versait un complément aussi grâce à la convention collective de la métallurgie. Au final j’ai touché à peu près 85% de mon salaire net pendant l’arrêt. Faut pas hésiter à vérifier sa convention collective parce que ça change tout.

— Laurent M., mécanicien industriel, Pas-de-Calais

Ma maladie professionnelle (canal carpien bilatéral) a été reconnue en 2023 après des mois de galère avec la CPAM. J’ai contacté avf.fr parce que je savais pas quoi faire quand ils ont voulu me consolider au bout de 4 mois alors que je pouvais même pas tenir un verre. L’avocat avec qui l’asso m’a mise en relation a contesté la date de consolidation et on a gagné. J’ai pu continuer à toucher mes indemnités journalières 5 mois de plus. Ça change la vie quand quelqu’un se bat pour vous.

— Nadia K., aide-soignante, Nord

Maladie pro liée à l’amiante, reconnue en 2021. Le plus compliqué c’est de comprendre comment tout s’articule entre les IJ, la rente, le complément employeur… Au début j’étais complètement perdu. L’association m’a orienté vers un avocat qui a monté un dossier de faute inexcusable. Résultat : rente majorée + 42 000 euros de dommages. Sans avocat j’aurais jamais osé aller au tribunal. Merci avf.

— Stéphane D., ouvrier BTP, Seine-et-Marne