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Déclaration d’un accident du travail : modèle de lettre et démarches complètes

Lorsqu’un salarié est victime d’un accident sur son lieu de travail, la rapidité de la déclaration conditionne l’ensemble de la prise en charge. Informer l’employeur par écrit constitue la première étape indispensable pour faire reconnaître l’accident et ouvrir ses droits à indemnisation. Cette page propose un modèle gratuit de lettre de déclaration d’un accident du travail, accompagné d’explications sur les délais, les obligations de chaque partie et les recours possibles en cas de difficulté.

Lettre de déclaration d'un accident du travail
Lettre de déclaration d

Qu’est-ce qu’un accident du travail au sens de la loi ?

Un accident du travail est un événement soudain survenu par le fait ou à l’occasion du travail, quelle qu’en soit la cause, et ayant entraîné une lésion corporelle ou psychologique. Cette définition englobe les accidents survenus sur le poste de travail, dans les locaux de l’entreprise, mais aussi lors d’une mission ou d’un déplacement professionnel.

⚖️ Article L. 411-1 du Code de la sécurité sociale

Est considéré comme accident du travail, quelle qu’en soit la cause, l’accident survenu par le fait ou à l’occasion du travail à toute personne salariée ou travaillant, à quelque titre ou en quelque lieu que ce soit, pour un ou plusieurs employeurs.

Il ne faut pas confondre l’accident du travail avec l’accident de trajet (survenu entre le domicile et le lieu de travail) ni avec la maladie professionnelle, dont les démarches de reconnaissance diffèrent.

Pourquoi déclarer un accident du travail par écrit ?

La déclaration écrite constitue une preuve formelle de l’information transmise à l’employeur. Elle déclenche l’obligation pour ce dernier d’effectuer la déclaration auprès de la Caisse Primaire d’Assurance Maladie (CPAM) dans un délai de 48 heures.

Sans cette déclaration, la victime risque de perdre le bénéfice de la prise en charge à 100 % des frais médicaux et des indemnités journalières majorées. La lettre permet également de figer les circonstances de l’accident, ce qui peut s’avérer déterminant en cas de contestation ultérieure.

⚠️ Délai de déclaration : 24 heures pour le salarié

Le salarié victime d’un accident du travail doit informer son employeur dans les 24 heures suivant l’accident, sauf cas de force majeure. Cette information peut être orale, mais il est vivement recommandé de la doubler par un courrier recommandé avec accusé de réception pour conserver une preuve datée.

Les obligations de l’employeur après la déclaration

Une fois informé, l’employeur a des obligations précises et encadrées par la loi. Le non-respect de ces obligations peut engager sa responsabilité.

La déclaration à la CPAM sous 48 heures

L’employeur doit remplir le formulaire Cerfa n° 14463*03 et le transmettre à la CPAM dans les 48 heures (hors dimanche et jours fériés). Ce formulaire décrit les circonstances de l’accident, l’identité du salarié et les éventuels témoins.

La remise de la feuille d’accident du travail

L’employeur doit remettre au salarié une feuille d’accident du travail (formulaire Cerfa S6201). Ce document permet la prise en charge des soins à 100 % sans avance de frais. Il est valable pendant toute la durée du traitement.

Que faire si l'employeur refuse de déclarer ?

Si l’employeur refuse ou tarde à effectuer la déclaration d’accident du travail, la victime peut déclarer elle-même l’accident directement auprès de la CPAM. Cette démarche est possible dans un délai de deux ans suivant l’accident. Il est conseillé de se faire accompagner par un professionnel pour sécuriser la procédure.

Modèle de lettre de déclaration d’un accident du travail

Voici un modèle de courrier à adresser à l’employeur pour déclarer un accident du travail. Ce courrier doit être envoyé en recommandé avec accusé de réception. Les éléments en italique sont à personnaliser.

Télécharger le modèle de déclaration d’un accident du travail

Aperçu du modèle de déclaration :

Prénom et nom du salarié

Adresse complète

Numéro de téléphone

Nom de l’entreprise

Nom du responsable

Adresse de l’entreprise

Objet : déclaration d’accident du travail

Madame, Monsieur,

Je suis au regret de vous informer que j’ai été victime d’un accident du travail en date du date de l’accident du travail.

Les circonstances de l’accident du travail sont les suivantes : préciser le contexte de l’accident — chute, manipulation d’un outil ou engin, intervention d’un tiers, etc.

Les conséquences de l’accident du travail sont les suivantes : préciser les blessures constatées — fracture, lésion, brûlure, entorse, etc.

Par la présente, je vous prie de bien vouloir déclarer cet accident du travail à la caisse d’assurance maladie et je vous serais reconnaissant de me transmettre les imprimés nécessaires à présenter à mon médecin traitant.

Je vous remercie par avance.

Fait à ville le date du jour

Signature

📌 Les éléments essentiels de la lettre

La lettre de déclaration d’un accident du travail doit impérativement mentionner : la date et l’heure de l’accident, le lieu précis, les circonstances détaillées, la nature des blessures constatées et l’identité d’éventuels témoins. Plus la description est précise, plus la prise en charge sera facilitée.

Les démarches médicales à effectuer en parallèle

En complément de la lettre adressée à l’employeur, la victime doit consulter un médecin dans les meilleurs délais. Le médecin établit un certificat médical initial (CMI) qui décrit les lésions constatées et fixe éventuellement une durée d’arrêt de travail.

Ce certificat médical initial est un document clé. Il est transmis à la CPAM et sert de base pour l’évaluation des séquelles éventuelles, notamment lors de la consolidation. Il est possible de consulter un médecin expert conseil pour s’assurer que toutes les lésions sont correctement décrites.

💡 Cas pratique : déclaration tardive mais recours possible

Un ouvrier du bâtiment se blesse au genou en chutant d’un échafaudage un lundi matin. Ne pensant pas que la blessure est grave, il ne prévient pas son employeur immédiatement. Le mercredi, la douleur s’aggrave et une IRM révèle une rupture du ligament croisé. Même au-delà des 24 heures, il peut encore adresser sa lettre de déclaration à l’employeur. Si ce dernier refuse de déclarer, le salarié dispose de deux ans pour saisir directement la CPAM.

Que se passe-t-il après la déclaration d’accident du travail ?

Une fois la déclaration effectuée, la CPAM dispose de 30 jours francs pour se prononcer sur le caractère professionnel de l’accident. Ce délai peut être prolongé de deux mois supplémentaires si une enquête complémentaire est nécessaire.

La reconnaissance de l’accident du travail

Si l’accident est reconnu comme professionnel, la victime bénéficie de la prise en charge à 100 % des soins liés à l’accident, d’indemnités journalières majorées en cas d’arrêt de travail, et d’une protection contre le licenciement pendant la période d’arrêt.

En cas de séquelles permanentes après consolidation, une rente ou un capital peut être attribué en fonction du taux d’incapacité fixé par le médecin-conseil. La question du placement des indemnités reçues peut alors se poser.

Le refus de reconnaissance par la CPAM

En cas de refus, la victime peut exercer un recours amiable devant la Commission de Recours Amiable (CRA) de la CPAM, puis saisir le pôle social du tribunal judiciaire (anciennement TASS) en cas de rejet.

📊 Accidents du travail en France

Selon les données de l’Assurance Maladie, environ 640 000 accidents du travail sont déclarés chaque année en France, dont plus de 36 000 entraînent une incapacité permanente. La déclaration rapide et complète reste le premier réflexe pour garantir ses droits.

L’hypothèse de la faute inexcusable de l’employeur

Lorsque l’accident résulte d’un manquement de l’employeur à son obligation de sécurité — par exemple l’absence d’équipement de protection, un défaut de formation ou le non-respect des règles de sécurité — la victime peut engager une procédure en reconnaissance de la faute inexcusable de l’employeur.

Cette procédure permet d’obtenir une majoration de la rente d’incapacité ainsi que la réparation intégrale des préjudices subis (souffrances endurées, préjudice esthétique, perte de qualité de vie, etc.).

Il s’agit d’une démarche contentieuse qui nécessite l’accompagnement d’un avocat spécialisé en droit du travail.

📞 Accident du travail : faire valoir ses droits avec un avocat

En cas de refus de déclaration par l’employeur, de contestation de la CPAM ou de suspicion de faute inexcusable, l’Aide aux Victimes de France peut orienter la victime vers un avocat spécialisé pour engager les recours adaptés.

Conseils pour rédiger une déclaration efficace

Une lettre de déclaration d’accident du travail bien rédigée augmente considérablement les chances de reconnaissance rapide par la CPAM. Voici les bonnes pratiques à suivre :

  • Être factuel et précis : décrire les circonstances sans interprétation, en mentionnant l’heure, le lieu exact et la tâche en cours.
  • Lister les témoins : noter les noms et coordonnées de toute personne ayant assisté à l’accident.
  • Conserver des copies : garder un double de la lettre, de l’accusé de réception et du certificat médical initial.
  • Envoyer en recommandé : seul le recommandé avec accusé de réception constitue une preuve irréfutable de la date d’envoi.
  • Ne pas minimiser les blessures : certaines lésions s’aggravent avec le temps. Il est préférable de tout déclarer dès le départ.
Le rôle du certificat médical initial

Le certificat médical initial doit être établi le jour même de l’accident ou dans les jours qui suivent. Il décrit toutes les lésions, y compris les douleurs diffuses. En cas d’oubli d’une lésion, un certificat médical de prolongation ou de nouvelles lésions peut être établi ultérieurement par le médecin traitant.

Questions fréquentes sur la déclaration d’un accident du travail

Questions fréquentes


Quel est le délai pour déclarer un accident du travail à l'employeur ?

Le salarié doit informer son employeur dans les 24 heures suivant l’accident, sauf en cas de force majeure. L’information peut être orale, mais il est recommandé de l’officialiser par courrier recommandé. L’employeur dispose ensuite de 48 heures pour effectuer la déclaration auprès de la CPAM.


Peut-on déclarer un accident du travail si l'employeur refuse ?

Oui. Si l’employeur refuse ou néglige de faire la déclaration, le salarié peut saisir directement la CPAM dans un délai de deux ans à compter de la date de l’accident. Il est conseillé de joindre à cette démarche tous les éléments de preuve disponibles (certificat médical, témoignages, courrier adressé à l’employeur).


Quels documents faut-il joindre à la lettre de déclaration ?

La lettre en elle-même n’exige pas de pièces jointes obligatoires. Cependant, il est utile d’y annexer une copie du certificat médical initial et, le cas échéant, les coordonnées des témoins. L’employeur se chargera de remplir le Cerfa de déclaration.


La déclaration d'accident du travail protège-t-elle contre le licenciement ?

Oui. Pendant la période d’arrêt de travail consécutive à un accident du travail reconnu, le contrat de travail est suspendu. L’employeur ne peut pas licencier le salarié, sauf en cas de faute grave ou d’impossibilité de maintenir le contrat pour un motif étranger à l’accident. En cas de licenciement pour inaptitude lié à un accident du travail, des règles protectrices spécifiques s’appliquent.


Que faire si la CPAM refuse de reconnaître l'accident du travail ?

La victime peut contester la décision en saisissant la Commission de Recours Amiable (CRA) dans un délai de deux mois. En cas de nouveau refus, un recours devant le pôle social du tribunal judiciaire est possible. L’assistance d’un avocat est recommandée à ce stade.


Pour toute question complémentaire sur la déclaration d’un accident du travail ou les démarches à entreprendre, il est possible de contacter l’association Aide aux Victimes de France.

Témoignages

Je me suis fait mal au dos en soulevant une palette au boulot, mon chef voulait pas declarer. J’ai trouvé le modele de lettre sur avf.fr, j’ai envoyé en recommandé le lendemain. 3 semaines après la CPAM a reconnu l’accident du travail, j’ai eu mes indemnités journalières et la prise en charge à 100%. Franchement sans cette lettre je sais pas comment j’aurais fait.

— Stéphane M., cariste, Pas-de-Calais

Accident du travail en janvier, chute dans les escaliers de l’hôpital. Fracture du poignet. Mon employeur a bien déclaré mais la cpam a refusé en disant que c’était pas lié au travail… J’ai fait un recours avec l’aide d’un avocat que l’association m’a recommandé, et finalement c’est passé au tribunal. 8 mois de combat mais j’ai eu gain de cause et une rente pour mes séquelles.

— Nadia K., aide-soignante, Rhône

Mon accident date de 2022, brulure electrique sur un chantier. J’avais pas envoyé de courrier recommandé à mon patron, juste prévenu par telephone. Quand il y a eu un litige sur les circonstances, j’ai galèré à prouver. Heureusement j’avais des témoins. Conseil : faites toujours la lettre en recommandé, c’est la base.

— Julien D., électricien, Loire-Atlantique